Numéro 23Animaux domestiquesL’histoire de l’association Ta Patte sur Mon cœur

Lucille Legrain15 avril 20263 min

L’histoire de l’association Ta Patte sur Mon cœur a commencé en juin 2006, grâce à internet et au forum Rescue. Je cherchais un Montagne des Pyrénées à adopter. C’est là que nous nous sommes tous et toutes rencontrés virtuellement. Les annonces de SOS pleuvaient, et nous les avons d’abord relayées, puis commencé à organiser des covoiturages à travers toute la France, d’abord pour des chiens, issus de fourrière, de personnes qui n’en voulaient plus, de refuges. J’ai ainsi adopté Ujka, puis Capucin, un croisé Yorkshire du refuge de La Louvière en Belgique, où il risquait l’euthanasie. Comme il s’entendait à merveille avec la Montagne, je l’ai gardé pendant 15 ans.

Nous avons organisé une rencontre en novembre, en « vrai », à Valenciennes. Quel bonheur d’enfin se rencontrer !

Nous avons rapidement créé notre propre forum, qui existe toujours et nous avons commencé en mars 2007 à sauver les chats, parce que, étant une passionnée des chats, cela me tenait vraiment à cœur.

Miki, 6 mois, a été la première à sortir de la fourrière d’Hénin-Beaumont, le 31 mars 2007, date que je n’oublierai jamais, où les animaux risquaient l’euthanasie au bout de 8 jours. Je l’ai prise en famille d’accueil, mais trop craintive, je n’ai pas réussi à la faire adopter. Elle est donc restée chez moi, et nous a quittés à l’âge de 17 ans, toute câline.

Ce fut le début de notre grande aventure. Nous avons rapidement fait les démarches pour fonder une association, qui a vu le jour le 21 juin 2007, reconnue par la préfecture de Haute-Saône, où résidait celle que nous avions choisi comme présidente. J’en étais la trésorière. Les adoptions se sont enchaînées, les dons aussi, et nous avons fait adopter plusieurs centaines d’animaux, sortis de fourrière ou de refuges avec lesquels nous avions passé des conventions, comme celui du Beaussart en Belgique, ou chats errants risquant leur vie à chaque instant.

Nous organisions des covoiturages pour faire adopter les animaux dans toute la France, une grande chaîne de solidarité s’était mise en place à cette époque.

Pour les animaux qui n’étaient pas encore en âge d’être stérilisés, nous demandions un chèque de caution, et cela fonctionnait très bien. Nous avons eu quelques échecs avec les chiens, que les adoptants ne voulaient plus, ou qui se retrouvaient en fourrière ! En revanche, nous n’avons jamais rencontré de problèmes avec les chats : en famille d’accueil, ils révélaient leur caractère, et nous prenions bien soin d’étudier chaque candidature pour choisir la meilleure pour eux et pour les adoptants. Les chiens avaient souvent un passé lourd, le traumatisme de l’abandon, la maltraitance parfois.

Moi-même famille d’accueil, j’ai eu jusqu’à 29 chats chez moi, et tous vivaient en parfaite harmonie. Je ne faisais adopter que ceux qui n’aimaient pas les autres chats, et j’ai réussi quelques dizaines d’adoptions.

Je suis devenue présidente et trésorière de l’association en 2009. Parallèlement, l’une de nos membres, Karine, a créé sa propre association à Valenciennes, Citanimal, et passé des conventions avec la ville et avec la fondation Trente millions d’Amis, pour stériliser les chats errants et faire adopter ceux qui étaient sociables. Mais nous fonctionnons toujours en binôme.

Malheureusement pour l’association, il faut bien le dire, Facebook a fait son apparition environ dix années plus tard, et tout a changé. Comment s’y retrouver dans ces milliers de pages ? Peu à peu les gens ont quitté le forum, pour des raisons personnelles le plus souvent, et je me retrouve pratiquement seule.  J’ai créé une page Facebook pour l’association et j’aide comme je peux Citanimal et une amie marocaine de Rabat pour organiser des collectes de croquettes destinées aux chats errants. J’ai adopté quatre de ces malheureux chats marocains, dont deux aveugles, qui n’ont aucune chance d’être adoptés là-bas. J’ai aussi adopté d’autres chats (j’en ai beaucoup moins !), comme mes triplés noirs l’an dernier : l’assistante vétérinaire avait trouvé un carton devant chez elle avec une chatte noire et ses cinq bébés noirs ! Tous ont été placés et stérilisés.

Ma plus belle histoire d’amour de tous ces sauvetages restera sûrement ma Satine, sauvée de la fourrière d’Hénin-Beaumont en avril 2007, et qui m’a accompagnée durant 15 ans. Ce fut, et ce sera toujours, je le souhaite, une des plus belles périodes de ma vie.

C’est un combat de tous les jours contre l’inconscience humaine qui laisse se reproduire des animaux.


Lucille Legrain
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Présidente et trésorière depuis 2009

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