Nous menions une vie normale comme dans la majorité des foyers avec mes deux chats Yuna et Fuyu âgés de un an. En août 2024, notre vie a totalement basculé… Cela n’aurait jamais dû arriver et aurait pu être évité. J’ai accueilli un troisième petit chat porteur d’un virus sans le savoir. Contaminé avant la primo-vaccination des deux mois.
Tout était mis en œuvre pour nous dissimuler une terrible réalité. Un acte d’une grande irresponsabilité qui impacterait nos vies à jamais. Nous mènerait dans un combat invisible, silencieux et sans répit. Dès les premiers instants, je remarque un comportement étrange chez Ysis qui se gratte énormément. Elle secoue la tête et semble très agitée. Sans oublier ces crises d’éternuements. Au fil des jours, ses yeux puis ses oreilles deviennent particulièrement sales. Notre consultation vétérinaire approche quand Fuyu tombe très malade. Le véto nous évoque alors vaguement le coryza mais aucune suite logique ne sera établie. Nous quittons le cabinet avec un diagnostic de laryngite virale.
On sort de cette consultation avec le sentiment que c’est peut-être juste un mauvais moment à passer. Mais ce ne sera évidemment pas le cas. Yuna développera les mêmes symptômes que Fuyu. Le bilan sanguin n’est pas bon. L’échographie des poumons mettra en évidence une forte atteinte au niveau des voies respiratoires. Elle est donc sous plusieurs traitements et on nous laisse dans ce contexte viral assez flou. Nous enchaînons les consultations pendant des mois pour Yuna et Fuyu. On nous prescrit des anti-inflammatoires pour gérer cet état. Mais nous ne sommes jamais pris en considération. Personne ne mesure la gravité de ce que nous vivons.
On traite les conséquences mais quelle en est la cause ? Est-ce que ça va cesser ? Je me retrouve dans l’incompréhension et l’incertitude la plus totale. C’est le néant. Les difficultés financières s’ajoutent, étant seule à gérer tous ces frais engagés et sans assurance, toutes mes demandes ont été rejetées. En octobre, Ysis sera traitée pour des champignons dans les oreilles. Elle sera sous cortisone pendant un mois avec un traitement antifongique à appliquer localement. Après l’arrêt de la cortisone, ce sera catastrophique.
En novembre 2025, nous traversons une période éprouvante physiquement et psychologiquement. Toujours dans cette errance médical, on nous répète que : c’est viral. Je suis perdue, impuissante et complétement démunie. Je décide d’exposer notre situation sur les réseaux sociaux en créant @les_3_nours notre compte Instagram. À la recherche de potentielles informations qui pourraient nous faire avancer. Des personnes commencent à suivre notre combat. À partager, interagir et le plus important : nous soutenir. Nous ne sommes plus seuls et isolés. Mais l’état de santé de Yuna et Fuyu est préoccupant. Sans énergie, ils sont incapables de s’alimenter de manière autonome. Je suis obligée de les nourrir dans mes mains ou à la cuillère plusieurs fois par jour pendant de longues semaines. Il faut en permanence stimuler leur appétit avec une multitude de friandises, on teste alors de nombreuses gammes, les rations ménagères… Sans réel succès. Fuyu a déjà perdu cinq cent grammes.
Un diagnostic sera posé par les vétérinaires en fin d’année : Ils sont atteints d’herpès virus félin. En janvier 2026, je sais enfin de quoi souffrent mes chats. Une nouvelle étape nous attend : la prise des traitements antiviraux ORAVIR 500 mg. Ce qui se présentait comme la solution, va se transformer en véritable épreuve. En un autre combat. Des chats très affaiblis par la maladie et peu coopératifs. Nous n’y arrivons pas. Me retrouvant seule face à mes trois chats malades sans pouvoir déléguer avec un travail à côté. Mes obligations et contraintes personnelles. Je suis dépassée. Soigner et administrer des médicaments à son animal est déjà compliqué, comment réussir à faire prendre des traitements lourds et en quantité astronomique plusieurs fois par jour à trois chats sur du long terme.

Après 10 jours de bataille, d’acharnement, je craque. On abandonne tout. En février plus rien ne va. Ysis développe de nouveau des champignons aux oreilles c’est le retour de la cortisone et d’une grosse rechute pour l’ensemble. Au vu de l’urgence de la situation, en mars nous recommençons la prise d’antiviraux pour deux d’entre eux. On instaure un petit rituel. À notre rythme, on prend nos marques. On persévère malgré la fatigue et la difficulté. Nos efforts commencent à payer. Une absence de fièvre, les crises d’éternuements s’espacent et le plus important : ils remangent. Ils commencent à se réapproprier leurs corps. Je retrouve mes chats comme avant.
Après deux ans. Depuis cet été, le virus nous échappe totalement malgré la prise d’antiviraux. Les températures élevées fragilisent leur système immunitaire. Ysis multiplie les coups de chaleur de mai à août. Son organisme est épuisé. N’arrivant plus à gérer la canicule et à reprendre le dessus sur le virus. Ils rechutent en permanence comme avant la prise des médicaments. Bien qu’efficace, les traitements montrent leurs limites. Les conséquences de l’herpès virus sont bien présentes depuis ces deux années, impactant la qualité de vie de chacun au quotidien et cela malgré la vaccination. Fuyu ayant un organisme qui n’arrive pas à évacuer le virus a développé de l’hyperesthésie féline et une gastrite chronique. Yuna reste extrêmement fragile sur le plan respiratoire. Chaque variation de températures, stress ou fatigue met son organisme à rude épreuve. Ysis souffre d’une rhinite chronique depuis toujours associé à des problèmes d’oreilles interne. De par la complexité de notre situation et des pathologies qui ne cessent de s’ajouter, les perspectives d’avenir pour notre famille s’amoindrissent. Des solutions de placement définitif sont envisagées.
On souhaiterait que notre histoire, nos expériences malheureuses servent à d’autres car nous sommes tous concernés. Informer c’est avant tout protéger. Si on avait réussi à détecter les symptômes de la maladie, on n’en serait pas là aujourd’hui. Le coryza détruit, tue. C’est grave et il faut absolument arrêter de banaliser son impact irréversible sur l’organisme.





