EnvironnementActualités2ᵉ session de l’assemblée citoyenne Un commun accord : les 150 citoyens découvrent les 6 dilemmes qui guideront leurs travaux jusqu’en février

Un commun accord13 octobre 20265 min
  • Ce week-end, les 150 citoyens tirés au sort se sont réunis pour la deuxième fois au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), à Paris. Ils ont d’abord assisté à une intervention du biologiste Marc-André Selosse puis ont découvert les 6 dilemmes sur lesquels ils travailleront jusqu’en février 2027.
  • Ces 6 dilemmes ont été choisis à l’issue d’une double consultation : une auprès des 150 citoyens et une autre auprès du grand public qui a recueilli 92 000 contributions et 48 000 propositions en 10 jours via la plateforme uncommunaccord.fr. 
  • La liste finale a été arrêtée par le Comité d’organisation, en concertation avec les représentants des 150 citoyens.
  • Cette première exploration des 6 dilemmes a permis aux citoyens d’identifier les grands enjeux, de lister les experts qu’ils souhaitent rencontrer et les questions qu’ils pourraient poser aux internautes.
  • Dès la prochaine session, les 150 seront répartis en sous-groupes de 50 : chacun travaillera en profondeur sur deux dilemmes.

Un commun accord, l’initiative citoyenne et indépendante visant à faire émerger des points d’entente sur les grands dilemmes de notre époque pour nourrir le débat des élections de 2027, a tenu ce week-end sa deuxième session de travail au Cnam. Au programme : une dernière intervention d’expert sur les enjeux de biodiversité et, surtout, la découverte des six dilemmes au cœur de la mission des 150 citoyens.

Ce deuxième week-end s’est ouvert par une intervention du biologiste Marc-André Selosse, professeur au Muséum national d’Histoire naturelle, sur les enjeux de biodiversité. Elle clôt le cycle de présentations introductives entamé lors de la première session, au cours duquel cinq experts avaient exposé aux citoyens les grands enjeux de l’énergie, de la géopolitique, du climat, de l’économie et des finances publiques (disponibles en ligne sur Youtube). Ce cycle d’interventions d’experts avait pour vocation de donner aux 150 citoyens un socle commun de connaissances pour entrer dans le vif de leur mission.

Depuis la première session, fin septembre, les internautes étaient invités à donner leur avis sur les grands dilemmes que l’assemblée devrait examiner en priorité. Cette consultation a recueilli 92 000 contributions et 48 000 propositions de nouvelles thématiques sur la plateforme uncommunaccord.fr, témoignant d’un engagement particulièrement fort.

En concertation avec les représentants des 150 citoyens, le Comité d’organisation d’Un commun accord a finalisé la liste des six dilemmes qui seront au cœur des travaux de l’assemblée jusqu’en février. Tous répondent à une même question centrale : « Au 21ᵉ siècle, pouvons-nous encore espérer tout avoir ? »

Les six dilemmes retenus :

  • Peut-on s’affranchir rapidement des carburants fossiles sans contraindre la liberté de déplacement ?
  • Peut-on manger une nourriture saine et produite en France à un prix abordable ?
  • Peut-on continuer à consommer de l’eau comme avant, alors que les sécheresses se multiplient ?
  • Peut-on aménager et développer les territoires tout en préservant les espaces naturels ?
  • Doit-on limiter le développement de l’intelligence artificielle ?
  • Doit-on réindustrialiser le pays, quitte à en assumer les coûts économiques et environnementaux ?

Ces dilemmes ont été sélectionnés en tenant compte à la fois des priorités exprimées par les internautes, de la variété des problématiques et de leur complémentarité. 

La majeure partie du week-end a été consacrée à une première exploration de ces six dilemmes, par petits groupes. L’objectif n’était pas encore de trouver des issues, mais de confronter leurs expériences des sujets abordés, comprendre la complexité de chaque question et les enjeux soulevés, les objectifs légitimes qui entrent en tension et les conséquences potentielles des différents choix possibles.

À ce stade, les citoyens ont formulé des questions et données qu’ils souhaitent approfondir, et commencé à lister des experts et les acteurs de la société civile qu’ils aimeraient entendre lors des prochaines sessions. Sur cette base, une liste d’intervenants sera constituée pour leur apporter des éclairages complémentaires et confronter des points de vue contradictoires. Les citoyens ont également préparé des questions qui pourraient être posées aux internautes via la plateforme.

Un cap sera franchi dès la prochaine session : les 150 citoyens seront répartis en trois sous-groupes de 50, afin que chacun travaille en profondeur sur deux dilemmes tout au long du dispositif. Les auditions d’experts se poursuivront – elles devront participer à répondre aux questions que les citoyens ont eux-mêmes formulées. L’assemblée se réunira ainsi chaque mois jusqu’au 7 février 2027, date de restitution de ses conclusions, à quelques semaines de l’élection présidentielle.

Marc-André Sélosse

“Il n’y a pas de crise de la biodiversité, il y a une extinction et elle va très vite. À l’échelle humaine, c’est critique.”

“Vous êtes cousus de biodiversité, mais vous l’ignorez !”

“J’ai trouvé les citoyens attentifs, interrogatifs, prometteurs et ensemble – et c’est ça faire société.”

Verbatims de citoyens

“Je ne sais pas du tout à quoi m’attendre ! Je sais qu’on va rentrer dans le dur et je me sens totalement incompétente mais c’est pas grave, c’est très excitant.” Julie, 47 ans, ingénieure en aéronautique, Toulouse

“J’étais très content car les six dilemmes choisis correspondaient à mes priorités.” Gérard, 80 ans, physicien à la retraite, Poitiers

“Les dilemmes choisis m’allaient bien, même si je n’avais pas mis l’IA comme priorité.” Yvette, 58 ans, chargée de développement commercial dans la grande distribution en Ile-de-France.

“J’avais un avis très tranché  sur la réindustrialisaton, pour moi ça n’avait pas d’intérêt que la France se replie sur elle-même. Un citoyen a évoqué la problématique des médicaments importés, j’ai repensé au Covid et c’est vrai que ça m’a fait changer de position. » Jonathan, assistant d’éducation à Créteil.”

Un commun accord
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