Numéro 24Animaux sauvagesDes associations (LPO Normandie, One Voice, Aves, Pôle Grands Prédateurs, ASPAS, Animal Cross, SNPN) se regroupent au sein du Collectif Renard Normandie pour sortir l’animal de la liste des nuisibles

Collectif Renard Normandie15 juillet 20263 min

Un arrêté ministériel va fixer cet été la liste 2 des « nuisibles » désormais nommées ESOD « Espèces Susceptibles d’Occasionner des Dégâts » pour les trois prochaines années. Cette liste, qui rassemble des espèces indigènes qui ne sont pas en surabondance mais ont fait l’objet de déclarations de dégâts, est établie sur proposition du préfet après avis de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage.

Dans la précédente liste pour les départements normands figuraient le Renard roux, le Corbeau, la Corneille, l’Etourneau sansonnet, la Fouine (sauf Manche) et la Pie bavarde (sauf Eure) qui ont été traqués toute au long de l’année sans quotas et par tous les moyens (tirs, piégeage, déterrage).

Le Collectif Renard Normandie plaide pour une vérification des déclarations de dégâts du renard (dans les élevages avicoles principalement) et la promotion de solutions de prévention. Il milite également pour une mesure de l’état des populations de renards.

Le canidé s’autorégule en fonction de la disponibilité alimentaire et ne peut donc pas pulluler. Victime en premier lieu d’un acharnement permanent par l’humain, mais aussi de maladies, d’empoisonnement par les rodenticides et de collisions routières, il ne doit sa survie qu’à ses formidables capacités d’adaptation. Rappelons que loutres ou rapaces sont passés d’espèces nuisibles à protégées après avoir été chassés et piégés à outrance. De même le putois n’est sorti de cette catégorie qu’en 2021 alors qu’il était classé « quasi menacé » dès 2017.

Enfin, le Collectif encourage l’utilisation de mesures alternatives à la mise à mort telles que l’effarouchement.

Le Collectif estime également que les services rendus par le renard doivent être pris en considération. Son rôle dans l’équilibre des écosystèmes est en effet fondamentalpar sa consommation de rongeurs, protégeant les cultures et limitant la propagation de maladie de Lyme, mais également par l’élimination d’animaux malades et morts freinant ainsi la propagation d’épidémies. Il participe également à la régénération végétale par la dispersion de graines. Il apporte même une solution naturelle à la prolifération des lapins de garenne.

En réalité, l’acharnement dont est victime le renard s’explique surtout par le fait qu’ils consomment le gibier des chasseurs. Ainsi, ces derniers lui attribuent le déclin du petit gibier alors que celui-ci est davantage lié à l’intensification des pratiques agricoles, l’utilisation de produits phytosanitaires, la perte d’habitats ou une pression cynégétique trop forte. Il faut savoir qu’en France 1 animal sur 4 tués à la chasse provient d’un élevage et que chaque année environ 30 millions d’animaux qualifiés de gibiers proviennent de relâchés. Ces animaux, affaiblis par leur difficulté à se nourrir seuls et incapables de fuir, sont des proies faciles pour le renard.

Le Collectif Renard Normandie à vocation à mener des campagnes d’information et de sensibilisation, à rassembler l’importante documentation scientifique démontrant l’absence de fondement du statut d’ESOD et à convaincre les acteurs locaux des abus cynégétiques dont le renard fait l’objet. Une lettre de demande de retrait du renard de la liste ESOD a d’ores et déjà été transmise aux préfets des 5 départements normands. Espérons que nous serons enfin entendus.

https://www.aspas-nature.org/

https://www.polegrandspredateurs.org/

https://normandie.lpo.fr/

https://www.animal-cross.org

https://www.snpn.com

https://one-voice.fr

https://www.aves.asso.fr


Collectif Renard Normandie
Autres articles

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.