Écrire sur les animaux n’a jamais été, pour moi, un simple choix thématique. C’est une trajectoire, une fidélité, presque une manière d’habiter le monde. Depuis plusieurs années, je consacre l’essentiel de mon travail d’autrice à des documentaires animaliers destinés à la jeunesse, avec une conviction profonde : ce que l’on découvre durant notre enfance façonne durablement notre regard d’adulte.
Écrire pour les plus jeunes, c’est espérer planter des graines — de respect, de curiosité, d’attention au vivant.
Des livres-ponts entre l’enfant et l’animal
Cette démarche s’incarne aujourd’hui dans mes ouvrages publiés aux Éditions Rustica, dans la collection jeunesse Rusti’Kid : Je comprends mon chat, Je comprends mon chien, Je comprends mon cheval, et bientôt Je comprends les émotions des animaux, consacré aux animaux familiers et à quelques animaux de ferme.
Ces livres sont pensés comme des ponts :
entre l’enfant et l’animal,
entre l’émotion et la connaissance,
entre l’observation et la compréhension.
L’un d’eux, Je comprends mon chien, a d’ailleurs reçu en 2025 une distinction de la Centrale Canine — une reconnaissance précieuse. Mais au-delà des prix, ce sont surtout les retours des lecteurs — enfants, parents, enseignants, bibliothécaires — qui donnent sens à mon engagement d’écrivain.
Écrire sur les animaux : une exigence éthique
Écrire sur les animaux suppose une rigueur particulière :
Ne pas simplifier à l’excès.
Ne pas céder à l’anthropomorphisme facile.
Ne pas projeter sur l’animal nos propres schémas émotionnels.
Pour cela, je m’entoure systématiquement de spécialistes : éthologues, vétérinaires, comportementalistes, professionnels du monde animal. Leurs paroles, leurs savoirs, leurs nuances nourrissent l’écriture. Ils sont écoutés, interrogés, cités. Mes livres sont le fruit d’un travail collectif, d’un dialogue constant entre science et transmission, nourri par ma passion des animaux depuis toujours.
De la fiction au documentaire : écouter le réel
Avant le documentaire, j’ai longtemps écrit de la fiction, notamment pour la jeunesse, où l’animal occupait déjà une place centrale.
J’ai ainsi signé la collection Filles de Grand Galop, publiée chez Bayard, ou encore la saga Des Lions et des Hommes, parue chez Fleurus et également primée. Pour ces romans décrivant la vie d’un refuge fictif, accueillant, entre autres, des animaux saisis de cirques, j’ai mené un véritable travail d’enquête, rencontrant un soigneur animalier et un photographe animalier, avec lesquels j’ai ensuite collaboré sur des ouvrages documentaires. Déjà, il s’agissait d’écouter le réel, d’apprendre de celles et ceux qui vivent au plus près des animaux… De transmettre des rêves autant que des valeurs. Et de l’espoir.
La médiation animale : écrire… et agir
Parallèlement à l’écriture, mon engagement s’est prolongé sur le terrain. J’ai entamé une formation en médiation animale et obtenu l’ACACED « chiens », car c’est essentiellement avec le chien que j’interviens aujourd’hui. J’ai déjà mené des séances en EHPAD, où la présence animale ouvre de merveilleux espaces de parole, de mémoire et d’apaisement. Là encore, l’animal — mon chien, un beagle nommé Pogo, adopté dans un refuge à l’âge de cinq ans — n’est ni un outil ni un prétexte. Il est un partenaire sensible, attentif, présent. Un être sensible qui communique à sa manière…
Un ami avec qui je dialogue au quotidien.

Changer le regard porté sur le vivant
Ce chemin, entre livres et médiation animale, nourrit un même rêve : celui d’une société qui reconnaîtrait enfin l’animal à sa juste place — un être vivant sensible, capable d’émotions, d’attachement et de communication…
Sans anthropomorphisme.
Sans sentimentalisme.
Mais avec respect et affection.
Écrire pour la jeunesse est, à mes yeux, un acte profondément politique au sens noble : il s’agit d’accompagner un changement de regard, lent mais nécessaire. Les enfants sont notre avenir, dit-on souvent — et j’y crois. Mais les parents, les enseignants et les médiathèques qui font vivre ces livres participent eux aussi à cette évolution. Ensemble, ils contribuent à une humanisation du regard porté sur l’animal. Et peut-être découvrons-nous alors, en miroir, que les animaux se révèlent parfois — souvent — plus attentifs, plus présents, plus sincères que nous autres, humains…
Écrire sur les animaux, en m’adressant aux enfants, c’est pour moi une volonté autant qu’un acte créatif, passionné, pour, peut-être, dans un « esprit colibri », œuvrer pour un meilleur vivre-ensemble alliant humains et animaux… Un idéal à quêter, inlassablement.
Bibliographie sélective
Éditions Rustica – collection Rusti’Kid
- Je comprends les émotions des animaux (à paraître en mars 2026)
- Je comprends mon chien (2025, primé par la Centrale Canine)
- Je comprends mon cheval (2024)
- Je comprends mon chat (2023)
Éditions Fleurus
La Grande Imagerie
- Les techniques de défense des animaux (2025)
- À la découverte des félins (2024)
Défis Nature
- Incroyables bébés animaux (2023)

Anouk Journo
Autrice - Traductrice d'anglais - Formatrice
Intervenante en médiation animale
Correspondante de presse pour l'Indépendant



