Numéro 22EnvironnementLes pollinisateurs : une passion devenue mon métier

Clara Amy15 janvier 20265 min

Passionnée par la nature depuis l’enfance, j’ai toujours souhaité travailler dans le domaine de l’environnement. Je me suis lancée dans l’apiculture en 2013 dans les Ardennes pour poursuivre la passion de mon grand-père. L’apiculture m’ayant piquée au vif et devenant une passion à mon tour, je me suis rapidement intéressée à tout ce qui entoure le monde des abeilles, notamment la flore mellifère et les autres insectes pollinisateurs. Mes études ne me permettant pas de me former tout de suite à l’entomologie, j’ai longuement étudié ces sujets en autodidacte, notamment en passant par la macro photographie afin d’identifier toute la flore et les espèces pollinisatrices que je rencontrais.

C’est grâce ensuite à mon stage de master 2 réalisé dans une unité d’entomologie en Belgique que je suis rentrée dans le vif du sujet et que j’ai poursuivi ma formation : suivis des pollinisateurs sur des bandes fleuries, suivis scientifiques sur des ruchers, étalage d’insectes et identification des espèces, rédaction d’articles scientifiques…

Cette passion et ces formations m’ont conduite à prendre un poste de chargée de missions puis de direction au sein d’une association spécialisée dans les pollinisateurs pendant sept ans.

Afin de poursuivre ce métier de passionné dans le domaine des pollinisateurs sauvages et domestiques, j’ai créé mon propre bureau d’étude « PollBiodiv’ » en 2025 dans les Ardennes.

On me pose souvent des questions sur mon métier car nous ne sommes pas très nombreux en France à étudier les insectes, surtout que ces derniers sont souvent sujets de phobies ! « Mais en quoi consiste ton travail exactement ? » « Quelles prestations proposes-tu ? » « Mais qu’est-ce que tu fais exactement quand tu vas sur le terrain ? » « Dans quelle zone tu travailles exactement ? » …

Mon bureau d’étude se décline sur 3 thématiques : Etudier, protéger et sensibiliser sur les pollinisateurs.

Actuellement, nous manquons cruellement de données sur les pollinisateurs sauvages et l’évolution des populations sur le long terme. Pour les étudier, je ne me limite pas aux Ardennes, mais me déplace en France en fonction des demandes ! Les étudier nécessite de se déplacer sur le terrain directement, pour analyser, identifier la flore et cartographier ainsi que prélever des pollinisateurs pour les identifier en laboratoire. Aujourd’hui, j’analyse surtout les populations d’abeilles sauvages et de syrphes, mais je commence à me former sérieusement à l’identification des papillons. En effet, la formation pour devenir spécialiste sur ces taxons est très longue, et c’est d’ailleurs quelque chose qui est très appréciable dans ce métier, c’est que l’on en apprend tous les jours, quelles que soient les années d’expertises derrière nous, et que nous avons toujours envie de nous former sur d’autres taxons d’insectes !

Pour réaliser ces études, les terrains sont très hétérogènes : je peux travailler dans une plaine agricole et le lendemain travailler sur un site naturel. Les partenaires et les acteurs sont aussi très variés en fonction des projets, des associations en environnement à des communautés de communes en passant par des entreprises, la protection des pollinisateurs étant une affaire de tous !

Les études que je mène doivent répondre souvent à une problématique toujours différente en fonction des acteurs et des sites à étudier. Etudier ces insectes permet d’une part de collecter des données pour acquérir des connaissances sur ces insectes, et d’autre part de proposer des mesures de gestion pour conserver les populations actuelles et de permettre aux différents milieux d’augmenter leur capacité pour accueillir une plus forte diversité de pollinisateurs. Dans ces mesures de gestion, c’est là que la flore notamment intervient, car sans fleurs, il n’y a pas de pollinisateurs ! Cependant, lorsque je fais mes préconisations, je dis souvent « le gîte et le couvert ». En effet, nous avons toujours tendance à penser qu’il faut des fleurs pour les pollinisateurs, mais on oublie aussi souvent le gîte où les pollinisateurs trouvent refuge et où ils se reproduisent.

A travers mes expériences passées, j’ai pris goût à réaliser des animations, des stands, des formations, des sorties nature, des interventions en milieux scolaires, pour les plus petits et les plus grands. Cet aspect m’apparaît comme vital dans le cadre de la protection des pollinisateurs car ces interventions permettent de faire connaître notre métier, et surtout de sensibiliser sur la protection des pollinisateurs en transmettant nos connaissances et ainsi donner différents outils aux personnes pour qu’elles puissent à leur tour participer à la protection de ces insectes.

Ces interventions sont tout aussi enrichissantes pour moi car les publics présents sont très divers, d’agriculteurs à jardiniers amateurs en passant par les plus petits. Cela nécessite un travail de vulgarisation et de communication très formateur. J’ai d’ailleurs souvent des questions pendant les interventions auxquelles je n’avais pas forcément pensé et qui m’amènent à creuser encore plus les sujets.

A l’heure d’aujourd’hui, la sensibilisation s’effectue aussi par le biais des réseaux sociaux. C’est pourquoi je communique aussi régulièrement sur des sujets en lien avec la flore et les pollinisateurs sur mes réseaux sociaux afin de transmettre mes connaissances, notamment avec « l’insecte à la loupe » et très récemment « la flore mellifère », plaquettes que je publie une fois par mois.

La création de mon bureau d’étude m’a permis aussi de développer ma deuxième passion que je pratique depuis l’enfance : le dessin naturaliste !

J’utilise cet outil très régulièrement dans mes publications, et je le propose aussi dans mes prestations, notamment pour la réalisation de plaquettes naturalistes, ou encore l’illustration de brochures vulgarisées, toujours sur le thème des pollinisateurs et de la flore.


Clara Amy
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Dirigeante de PollBiodiv' Le bureau d'étude des pollinisateurs

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