Numéro 22SolidaritéUne plume engagée, déterminée et persévérante

Valeria Orfila15 janvier 20266 min

Auteure scénariste romancière de métier, j’écris des scénarios avec pour objectif de les vendre afin de subsister aux dépenses de mon association-sanctuaire animal. Le sanctuaire a soufflé sur sa 15è bougie et a secouru plus de 350 animaux inter-espèces.

J’écris depuis que je suis gamine, un chat sur les genoux ou juste à côté de l’ordinateur observant, m’abreuvant l’inspiration d’un ronron, d’un regard profond, d’un sourire ou d’un coup de patte lorsque mes doigts tapotent trop vite les touches du clavier.

Je suis tombée dans la lecture, dans l’écriture et dans la protection animale lorsque j’avais douze ans. Je suis toujours surprise de voir que depuis des décennies, l’animal est le punching ball de la déchéance humaine. Je me suis toujours battue à leurs côtés, cela bien avant de créer l’association-sanctuaire. J’ai écrit un livre Je suis un Animal comme les Autres pour apporter des témoignages, du vécu, des conseils, des réflexions… Les avancée existent, aussi infimes soient-elles. Chaque vie secourue en est la preuve.  Les lois finiront par changer définitivement, l’éthique prendra le dessus. Même si à l’heure où je couche ces quelques lignes, cela peut semblait utopiste, mais, comme le citait souvent l’immense Théodore Monod l’utopie est simplement ce qui n’a pas encore été essayé.

Finalement, je me bats pour cette utopie chaquejour. J’ai accédé à une sorte d’utopie en fondant ce sanctuaire d’âmes animales cabossées, grâce à mes cachets d’auteure, j’ai pu rassembler une famille incroyable inter-espèces. J’ai pu secourir, soigner, nourrir, être une main tendue, une béquille, jusqu’à ce qu’ensemble, ils créent le plus beau des tableaux que j’ai eu la chance de voir… De vivre : Une famille bienveillante. Je n’avais pas assez d’économies et d’entrées d’argent pour racheter les terres et continuer à prodiguer des soins, combler les besoins des uns et des autres. J’ai augmenté mon travail scénaristique,  mes déplacements, je profitais que mon ami et associé soit présent pour me déplacer jusqu’à la grande place et proposer, défendre mes projets. Le confinement a tout guillotiné. Point mort.
Le boulot se faisait rare, je poursuivais quotidiennement les écrits et les envois, je ne fléchissais pas, ce temps n’allait pas durer indéfiniment. J’ai monté des tombolas, des cagnottes d’urgence, je donnais des cours d’éducation et de sensibilisation.

De sauvetages en soins, d’éducation en sensibilisation, je maintenais le cap juste en équilibre mais avec l’espoir de meilleurs lendemains. Le fameux -la roue tourne- avait besoin d’un coup de dégrippant. Des comédies, des téléfilms, des mini séries, même des concepts d’émissions, j’étais prête à bondir à l’appel qui me permettrait de rebondir et de pérenniser.

Là encore, malgré les efforts, les tours de passe-passe, l’appel avait aussi besoin d’un coup de dégrippant. Je suis là, ils sont là, nous sommes debout et comme dirait… Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Pour ces frères et soeurs, ces guides d’une bonté, d’une sagesse et d’une grandeur renversante, je continuerais ce chemin à leurs côtés. Nous sommes dans une barque, il manque sans aucun doute une voile car les coups de rames, je les donne depuis des années. Une voile, un vent propice… Mes projets scénaristiques entre de bonnes mains.

Il y a quelques saisons, j’ai écrit un projet de sanctuaire, sur une nouvelle terre de partage animal, tel un aboutissement. Ce projet est le dernier volet de mon association de protection animal, il est celui qui va jusqu’au bout et qui se transmet. Comment y accéder ? Il demande un petit investissement une fois le lieu trouvé. Plus que jamais, je souhaite que mes écrits rencontrent ces investisseurs afin que ce gain permette de fonder cet éco lieu  éthique responsable & animal.

Le projet est écrit, les écrits sont projets…

Plusieurs histoires sont fictives, je vais profiter de cette plage libre pour vous en évoquer trois qui apporteront leur participation.

Le Centre est un projet de mini-série que j’ai proposé à Netflix et à Sagamore Stévenin (nous étions en cours d’acteur ensemble), vivant dans le Perche, je me suis dit qu’il allait bondir dessus. Ça c’est mon scénario, il est toujours temps.
Ce projet est visionnaire et apporterait une résonance sur ce que nous faisons subir aux animaux.

L’autre histoire est sentimentale. Lorsque j’attendais mon fils, j’ai écrit un film que j’ai présenté à Monsieur Philippe Noiret à la fin de la représentation de Love Letters. Enceinte j’étais invincible, vraiment, quand j’y pense !
Monsieur Noiret m’a remercié et m’a souhaité de beaux lendemains, la fragilité de sa santé, ne lui permettait pas de prendre de nouveaux engagements.

J’ai rangé mon scénario dans un tiroir. Dix-sept ans sont passés, je suis entrée dans un café le jour de mon anniversaire et j’ai commandé une grenadine, j’ai observé comme toujours les gens attablés et j’ai remarqué ce petit Monsieur d’âge d’or courbé dans son chocolat, les larmes se noyant dedans. Je lui ai offert un autre chocolat, nous avons souri, je lui ai dit que c’était le jour de ma nouvelle bougie et que je ne voulais pas de larmes. Il s’est effondré et m’a fait savoir que le lendemain était l’anniversaire de son épouse et qu’elle venait de tirer sa révérence, qu’il était tout seul, qu’il était un bon à rien sans elle. Nous nous sommes présentés. Il s’appelait Jean, le même prénom que dans mon scénario présenté à Monsieur Noiret dont l’histoire débute par la disparition de l’épouse de Jean. Jean m’a dit que sa maman tout comme son épouse, le nommaient toujours Jean de la Lune. Mon projet s’appelle le Buveur de Lune. Nous avons appris à nous connaître, nous avons passé des journées à rire, à marcher, à déambuler au milieu des chevaux. Il aimait énormément la nature et l’odeur des crinières. Notre complicité était celle d’un adulte enfantin et d’une enfance retrouvée.

Ce projet est un hommage à Philippe et à Jean deux buveurs de lune, c’est sans doute cela qu’il manquait, du cœur à l’hommage, du vécu mélangé à cette poésie dans laquelle ne cesse de s’abreuver l’imagination.
Aujourd’hui, mon Buveur doit voir le jour, il est beau, doux, poète, rêvée. Il est âme animale, profond, il mêle l’âge d’or que l’on met souvent au placard et l’adolescence rebelle. Je sollicite actuellement Pierre Richard qui détient tous les ingrédients pour un ultime hommage aux êtres chers et d’or qui, pour l’occasion sortiront du placard de l’indifférence et revêtiront leurs plus beaux atouts.

Le projet Arisp est un projet fou, il puise sa noirceur réaliste dans les bas-fonds d’un monde désenchanté barrant la route d’un monde rêvé par des émerveillés. Arisp s’inspire du poème Rêvé pour l’Hiver d’Arthur Rimbaud. Il peut être d’animations comme de fictif. Arisp est une histoire d’amour éternel. Soyons fou, j’imagine Thimothée Chalamet à qui j’ai fait parvenir le scénario.

Les dos d’âne que je rencontre si je peux m’exprimer de la sorte, sont les barrages faits par les agents et le fait que je n’ai pas de productions représentants mes projets. Les agents demandent régulièrement le montant alloué aux acteurs sollicités. Retour à la case départ.

Comment accéder à ces personnalités sans passer par les barrages ? Par les réseaux, le bouche à oreille, une adresse postale. Ce que je fais régulièrement, sans réponses.
Je ne désespère pas d’un happy end car je dois rendre les clefs du lieu que nous occupons dans le courant de l’année. Le compte à rebours est lancé.

J’ai très envie de vous évoquer tous les projets qui mèneront à cette belle mission finale. Je suis objective lorsque je vous dis qu’ils sont chouettes, alors voilà, peut-être que par le biais de cet article, par le biais de la chance d’avoir cette place sur ces pages devant vos regards, peut-être que 2026 nous offrira cette porte ouverte, ce champ des possibles où vous serez tous invités à rencontrer cette formidable Famille.

Messieurs Richard, Stévenin, Chalamet, productrices et producteurs, agents, plateformes, amis d’amis qui connaissent les amis des amis de… À vous lecteurs et amis. Merci de votre considération.

quatresabotsetunfer.gumroad.com/l/livre


Valeria Orfila
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Présidente de l'association quatre sabots et un fer

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