Numéro 22Animaux domestiquesQuelle est la place des petits mammifères domestiques dans la protection animale en France ?

Marie Gosse15 janvier 20263 min

Les petits mammifères domestiques, rongeurs et lapins, intègrent de plus en plus les foyers français. Souvent à la demande des enfants car moins contraignants à première vue qu’un chien ou un chat, ils sont très présents sur les sites de dons en ligne et en animalerie.

Alors que chiots et chatons disparaissent des magasins et profitent d’une législation davantage encadrée, octodons ou chinchillas par exemple restent dans l’ombre. Ses deux espèces citées précédemment peuvent pourtant vivre jusqu’à quinze ans, soit presque autant qu’un chien. D’après les dernières études, les foyers français abritent environ cinq millions de NAC dont plus de trois millions sont des petits mammifères, notamment des rongeurs 1 . Rats, gerbilles, souris, ou petits carnivores domestiques sont considérés comme des Nouveaux Animaux de Compagnie. Ce terme apparu dans les années 80 2 regroupe plusieurs espèces, et pas toujours des petits mammifères domestiques autorisés en France. J’entends par protection animale les acteurs que sont les associations indépendantes et SPA qui œuvrent pour offrir une nouvelle vie aux animaux ou défendre leurs droits. La plupart des campagnes mettent en scène l’abandon de chiens et la stérilisation des chats pour éviter leur prolifération. Les petits mammifères n’échappent pas aux mauvais traitements ni à l’irresponsabilité humaine. En dehors des foyers français, certaines associations tel que L214 ou One Voice militent pour défendre les animaux en laboratoire, ou dans la chaîne de la fourrure et de la viande par exemple. Le lapin y est d’ailleurs souvent représenté comme le symbole contre les expérimentations cosmétiques sur les animaux. Rares sont les cas médiatisés pour des mauvais traitements sur un seul rongeur ; ils sont souvent représentés par groupe : élevages insalubres, victimes du syndrome de Noé (trouble mental qui consiste à posséder plus d’animaux qu’on ne peut en héberger, nourrir et soigner correctement), portées surprises …

Peut-on dire que leur visibilité dépend du nombre de congénères dans la même situation ? Peu ou mal connus, ces animaux de compagnie sont-ils protégés par la loi ?

La visibilité des souris, furets, rats, chinchillas, hamsters, cochons d’Inde, gerbilles de Mongolie, et lapins domestiques autorisés en France est plutôt faible au niveau des individus : avec une espérance de vie souvent courte et sans engagement financier à l’achat, la majorité de leurs besoins réels sont mal connus. Pourtant, de par leur domestication il sont aujourd’hui incapables de survivre seuls en dehors de nos foyers. De nombreuses ressources créées par des passionnés sont malgré tout disponibles, des formations voient le jour comme les premiers secours pour rongeurs. Ainsi, des alternatives existent, comme d’adopter dans des élevages éthiques plutôt qu’en animalerie, afin d’avoir un discours réaliste sur des conditions de vie épanouissantes pour l’animal. En effet, il serait important de responsabiliser les propriétaires de NAC, et chaque détenteur devrait pouvoir se tourner vers des professionnels bien formés.

La protection animale, auprès des particuliers et professionnels, est surtout une affaire d’associations. Lapins, furets, rats, souris, gerbilles et hamsters se croisent dans plusieurs catégories. Ainsi le lapin est toujours considéré comme un nouvel animal de compagnie alors qu’il est dans les foyers français depuis des siècles, toutes ses races ne sont pas domestiques, et il est souvent considéré comme un rongeur alors qu’il s’agit d’un lagomorphe. Tous ces animaux sont regroupés sous certains statuts, au moins par abus de langage, alors qu’ils sont bien différents. La législation peine alors à être en leur faveur ; leur achat est mal encadré, et les avancés sont surtout relatives aux chien, chat, chevaux, et la médiatisation profite aux animaux plus exotiques et imposants. Ils sont pourtant le visage de certains combats, notamment le lapin qui représente les expérimentations animales en laboratoire. Dans l’agriculture ou dans les foyers, leur défense est hétéroclyte, le public différent, et l’opinion publique pas toujours avertie.

Il serait urgent de ne pas réduire leur conditions de vie à leur taille, et d’accorder un peu plus d’importance à ces “ achats impulsifs sans engagements ”, et d’arrêter de véhiculer des informations de maltraitance ordinaire par des professionnels. Leur place dans la protection animale est donc la même que dans la législation française et l’opinion publique : dans l’ombre d’autres espèces et transversales.

1Les NACs autorisés en France ”, Toutagri.fr, article mis à jour en Juillet 2021.

2Les NACs autorisés en France ”, Adorablesbetes.com, article publié en 2020. 


Marie Gosse
Site Web |  Autres articles

Accessoires pour chiens personnalisables,
Fait main à Rennes

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.