Ce jeudi 27 novembre, Cholet Agglomération a organisé son concours d’Animaux de boucherie de « haute qualité ». Officiellement, 194 bovins étaient jugés pour leur viande et leur conformation. Mais derrière les barrières, la réalité est alarmante. L’association FUTUR a mené une enquête.
12h attachés, tête baissée, sans répit
Des animaux ont été attachés toute la journée la tête baissée, malgré l’interdiction claire du règlement sanitaire (Sources : règlement intérieur, lien sur demande).
« Les cordes étaient si serrées que les vaches ne pouvaient même pas lever la tête, c’était choquant » signalent les enquêteurs de l’association FUTUR. Arrivés dès 9h, parfois exposés jusqu’à 22h, voire bien plus tard dans la nuit, ces bovins ont enduré des heures d’attente, de bruit et de foule. Tout au long de la journée, ils ont été traités comme de simples objets plutôt que comme des êtres sensibles.
« On est repassé devant le champ de foire à 23h15 et il y avait encore des vaches ! On a pu filmer en passant » affirment les enquêteurs de l’association FUTUR.
Des blessures graves, du sang en abondance et une négligence flagrante !
Trois vaches ont saigné abondamment, avec du sang coulant sur le sol et sur les barrières. Certaines présentaient des blessures aux genoux. Aucune n’a reçu de soins pendant toute la durée de l’intervention de nos enquêteurs, soit au moins 45 minutes à une heure.
Contactés, les organisateurs ont minimisé la situation, déclarant simplement : « Elles se sont tapé la tête ».
Selon la science vétérinaire, la fracture d’une corne peut survenir lorsqu’un animal heurte une surface rigide, reste coincé et tire pour se dégager, ou encore lors de manipulations et de transports dans des espaces étroits, où les cornes tapent facilement contre les structures.
De nombreuses vaches sans eau ni foin
De nombreuses vaches ont été observées sans eau ni foin, dans des conditions totalement inadaptées. Or, les bovins sont des ruminants : ils doivent mastiquer en continu pour pouvoir digérer correctement leur nourriture. Le foin n’est pas un simple aliment ; il stimule l’estomac complexe des bovins et permet la fermentation nécessaire à la production de nutriments vitaux. Sans mastication régulière et sans fibres, les vaches peuvent souffrir de douleurs abdominales, de coliques et de stress sévère.
Leur bien-être est donc directement lié à l’accès constant à de la nourriture adaptée et à la possibilité de ruminer. Le manque de foin et d’eau observé sur le site constitue une grave négligence qui expose ces animaux à des souffrances physiques et psychologiques importantes.
Engraissement intensif : un « animal d’exception »… mais à quel prix ?
Ces vaches musclées de manière excessive sont souvent soumises à un engraissement intensif : pour produire rapidement des “carcasses volumineuses”, elles reçoivent des rations très concentrées en protéines, souvent pauvres en fibres. Cette alimentation favorise une prise de poids rapide, mais ne respecte pas le besoin physiologique des animaux. (Source : Welfare of beef cattle, PMC12290492)
Une étude de l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments), publiée en 2025 met en évidence que ce type d’engraissement peut provoquer problèmes digestifs, troubles de santé et souffrances. Les bovins soumis à de fortes pressions de production courent un risque accru de stress, maladies et blessures, surtout lorsque les conditions d’élevage ne respectent pas leurs besoins biologiques fondamentaux. (Sources : EFSA Panel on Animal Health and Welfare)
L’engraissement intensif augmente aussi les risques d’acidose, de pathologies métaboliques, de boiteries ou de maladies respiratoires.
Sponsors : complices d’une exploitation que nous refusons
Ces concours continuent d’être financés par de grandes institutions financières, parmi lesquelles le Crédit Agricole, Groupama, le Crédit Mutuel, et d’autres partenaires. FUTUR demande que ces entreprises cessent immédiatement de soutenir des événements où des animaux souffrent et sont traités comme des marchandises.
Il est inacceptable que des institutions prétendument responsables ferment les yeux sur des abus documentés. Si le Crédit Agricole montre parfois de la compréhension et que le Crédit Mutuel peut être réceptif, Groupama, elle, persiste souvent à ignorer ces souffrances. Nous appelons tous ces sponsors à choisir la responsabilité éthique plutôt que le profit : soutenir la violence envers des êtres sensibles n’a aucune légitimité.
L’association FUTUR lance une pétition et appelle à la fin de ces foires de boucherie
Cette année, seuls 194 animaux ont été présentés contre 280 l’an dernier. Une pétition a été lancée pour mettre fin à ces événements qui continuent de traiter les animaux comme de simples marchandises. La société change : notre regard sur les animaux évolue, et ces foires ne reflètent plus les valeurs de respect et de compassion que nous voulons promouvoir. Pour faire évoluer la société, il est essentiel de commencer par abandonner ces pratiques dépassées.
« Pour bâtir un monde plus bienveillant, il faut d’abord changer notre regard sur les animaux : le respect qu’on leur donne se répercute sur toute la société » affirme Vuk responsable enquête de l’association FUTUR











2 commentaires
Gaston F.
2 décembre 2025 à 13h14
45min de vidéo et on se prend pour un expert de l’élevage ?!!?
“les valeurs de respect et de compassion que nous voulons promouvoir.” Vous êtes donc clairement dans un dogme, vos commentaires n’ont rien de “scientifiques”, ils moralisent, fustigent les personnes ou les entreprises qui n’ont pas votre vision biaisée du monde rural. N’oubliez pas que 90% de vos sympathisants vont acheter leur barquette de viande au supermarché…..
LA VERITE SCIENTIFIQUE SUR LE BIEN ETRE DES BOVINS EN FINITION
2 décembre 2025 à 8h56
Bonjour
Je pense que vous oubliez un élément majeur: les conditions de bien être doivent absolument être réunies si vous souhaitez la meilleure efficience possible au moment de la finition des bovins. Pour obtenir des carcasses d’animaux exceptionnels comme ceux présentés sur le concours, les conditions les meilleures doivent être réunies les 6 derniers mois de vie (non maltraitance et bien-être) sous peine que la viande manque de tendreté, que la viande ne se conserve pas correctement (ph élevé) ou bien le persillé demandé (source / impact of animal welfare on the quality of carcasses P.Shelcher /Welfare Quality). De toute évidence, vous occultez complètement cette phase importante dans la vie de l’animal, preuve que vous ne connaissez absolument pas les conditions d’élevage propres à notre région.
Bien être animal et concours des viandes vont évidemment de pair. Aussi, votre article me semble déformer les choses en ne montrant qu’une facette de la réalité. En allant faire un reportage dans les vestiaires sportif après les rencontres, vous verrez davantage d’ecchymoses et de gouttes de sang. Vous n’êtes pas expert du sujet, vous n’êtes pas pro… et celà se voit ce qui n’apporte aucune crédibilité à votre discours, même si vous citez des sources pseudo scientifiques qui en fait n’en sont pas! Faisant moi-même partie d’un groupe de scientifiques qui se réunit plusieurs fois l’année sur le bien-être animal, je suis particulièrement outré par vos interprétations à la noix!