Et si la gestion de crise ne concernait pas uniquement les humains ?
Inondation, incendie de forêt, tempête ou évacuation d’urgence : lorsqu’un événement majeur survient, les collectivités doivent être capables de protéger rapidement leur population et d’organiser la réponse.
Mais une question reste encore trop souvent en marge de la préparation :
Que fait-on des animaux ?
Chiens, chats, animaux d’élevage… mais également faune sauvage directement exposée à la catastrophe.
Cette question peut sembler secondaire au regard des priorités d’une crise. Pourtant, les retours d’expérience montrent qu’elle peut rapidement devenir un véritable enjeu opérationnel.
Lorsqu’une personne hésite à évacuer parce qu’elle ne sait pas ce qu’il adviendra de son animal, lorsqu’un élevage se trouve dans une zone menacée ou lorsque des animaux blessés doivent être pris en charge sans organisation préalable, la problématique animale devient pleinement une problématique de gestion de crise.
Anticiper avant la crise
Comme pour l’ensemble de la gestion des risques, l’efficacité repose avant tout sur la préparation. Une commune peut commencer par identifier les principaux enjeux présents sur son territoire :
- Animaux de compagnie et personnes susceptibles d’avoir besoin d’aide pour les évacuer
- Refuges, pensions, associations ou structures accueillant des animaux
- Animaux nécessitant des moyens de transport spécifiques
- Associations ou acteurs disposant de compétences particulières, etc..
L’objectif n’est pas de créer un dispositif complexe.
Il s’agit surtout de savoir, avant la crise, quels sont les enjeux du territoire, quels acteurs peuvent être mobilisés et quelles premières solutions peuvent être envisagées.
Faciliter l’évacuation des personnes
La présence d’un animal peut directement influencer la décision d’une personne confrontée à une évacuation. Elle peut accepter plus facilement de quitter son domicile si elle sait que son animal pourra être pris en charge. Cette question est particulièrement importante pour les personnes âgées, isolées ou vulnérables, pour lesquelles l’animal représente parfois un véritable compagnon de vie.
Prendre en compte l’animal dans la préparation peut donc aussi faciliter la mise en sécurité de la personne.
Et la faune sauvage ?
Les animaux domestiques et d’élevage ne sont pas les seuls concernés. Lors d’un incendie, d’une inondation ou d’un événement affectant les milieux naturels, la faune sauvage peut également être directement exposée. Animaux blessés, déplacés, affaiblis ou retrouvés dans des secteurs sinistrés : leur prise en charge nécessite des compétences spécifiques.
Les retours d’expérience récents ont notamment montré l’importance d’une bonne articulation entre collectivités, services de secours, vétérinaires, associations spécialisées et centres de soins de la faune sauvage.
La commune n’a pas vocation à se substituer à ces spécialistes.
Elle doit en revanche savoir vers qui orienter, comment transmettre l’information et comment intégrer ces acteurs dans son organisation de crise.
Le véritable enjeu : la coordination
Une crise mobilise rarement un seul acteur. Mairie, élus, agents communaux, sapeurs-pompiers, services de l’État, associations agréées de sécurité civile, vétérinaires, agriculteurs, associations de protection animale, structures spécialisées…
Chacun dispose de compétences et de moyens différents.
La difficulté apparaît lorsque ces acteurs doivent intervenir ensemble sans avoir préparé leurs modalités de coopération.
C’est précisément toute l’utilité de se poser avant la crise, dans le cadre du Plan Communal de Sauvegarde.
Préparer aujourd’hui pour mieux agir demain
La prise en compte des animaux en situation de crise n’est pas un sujet à part.
Elle peut contribuer à faciliter les évacuations, améliorer la coordination des acteurs, limiter les situations d’improvisation et renforcer la capacité globale d’un territoire à faire face à une crise.
Chez ADR Solutions, cette réflexion s’inscrit dans notre approche des Plans Communaux de Sauvegarde.
Notre objectif n’est pas simplement de produire un document conforme à la réglementation.
Nous cherchons à construire avec les collectivités des dispositifs compréhensibles, adaptés au territoire et réellement utilisables en situation de crise.
Cela passe notamment par l’analyse des risques et des enjeux locaux, l’identification des acteurs et des moyens mobilisables, la création de procédures et de fiches réflexes, la préparation des cellules de crise, les exercices et l’analyse des retours d’expérience.
Et lorsque les enjeux du territoire le justifient, la dimension animale fait naturellement partie de cette réflexion.
Un Plan Communal de Sauvegarde doit être un véritable outil d’aide à la décision et d’organisation collective.
Anticiper la prise en compte des animaux, c’est aussi se donner davantage de moyens pour protéger les populations et renforcer la résilience du territoire.

Anne-Laure Deligné-Rochaud
Dirigeante : ADR Solutions
Experte : gestion de crise - Environnement - Biodiversité - RSE



