ActualitésAnimaux domestiquesLes animaux de compagnie,un marché toujours florissant de 14 milliards d’euros

Xerfi13 août 20266 min

La nouvelle étude Xerfi sur le marché français des animaux de compagnie (68 millions d’individus au total) montre un secteur qui se porte bien. Elle pointe néanmoins un ralentissement de la croissance après le boom de l’après-Covid.

L’étude de Xerfi sur le marché français des animaux de compagnie couvre un large ensemble de dépenses consacrées aux animaux détenus par les ménages : alimentation, accessoires, produits d’hygiène et de soins, assurance santé animale. Elle s’intéresse aussi à plusieurs services spécialisés comme les soins vétérinaires, le gardiennage, le toilettage, l’éducation canine ou les services funéraires. L’étude, qui passe en revue les principaux acteurs du marché, est illustrée par plusieurs études de cas.

Le marché de l’alimentation demeure le premier segment du secteur, porté par une population record : 16,7 millions de chats, 9,1 millions de chiens, 29,8 millions de poissons, ainsi que plusieurs millions d’oiseaux et de petits mammifères. Les ventes dans ce domaine ont atteint 6,3 milliards d’euros en 2025, contre un peu plus de 5 milliards d’euros pour les soins vétérinaires. La demande est soutenue depuis plusieurs années par la hausse du nombre d’animaux de compagnie, et en particulier des chats, dont la population a bondi de 30 % en 10 ans. Toutefois, le rythme de croissance du marché devrait ralentir dans les années qui viennent : les ventes de petfood devraient progresser d’environ 3 % par an en moyenne entre 2026 et 2030, contre plus de 6 % par an sur la période 2020-2025, tandis que les dépenses vétérinaires augmenteraient d’environ 4 % par an, contre plus de 8 % par an durant les cinq années précédentes.

Il faut dire qu’entre 2020 et 2025, le marché a bénéficié de circonstances exceptionnelles, avec une augmentation du nombre des adoptions après la crise sanitaire et des hausses de prix exceptionnelles en 2022 et 2023 sur le petfood (près de 30 %). Le ralentissement de la croissance à venir est donc d’abord un retour à une forme de normalité.

Pour autant, le parc animalier (68,4 millions d’animaux en 2025) continuera de bénéficier de tendances socio-démographiques porteuses : le nombre de ménages augmente, les foyers sont plus petits et les personnes seules ou les couples sans enfant au domicile accordent souvent une place affective importante à leur animal.

L’étude Xerfi montre que le marché du petfood est beaucoup plus segmenté qu’il y a dix ans. De nouvelles marques spécialisées dans la vente en ligne (Ultra Premium Direct, Franklin ou Caats) ont vu le jour, se positionnant sur des niches avec des promesses de valeur fortes, telles que la fabrication française, la qualité nutritionnelle, les ingrédients naturels, l’alimentation personnalisée ou encore l’engagement environnemental. Leur succès a mis en évidence l’existence d’attentes de plus en plus pointues chez les propriétaires d’animaux de compagnie.

Le petfood entre dans l’ère de la nutrition-santé.La médicalisation des aliments s’accélère pour traiter la gestion du poids, le confort digestif, la santé urinaire, le soutien articulaire et le vieillissement… En parallèle, les attentes des propriétaires en matière de qualité nutritionnelle se font plus pressantes, la segmentation des produits en fonction de l’âge, du poids, du niveau d’activité physique du chien ou du chat se généralise et les moments de consommation se multiplient.

Les grandes surfaces alimentaires demeurent de loin le premier circuit de distribution avec 47,7 % des ventes en valeur en 2025, mais leur poids s’est très légèrement érodé par rapport à 2020 (48,4 %). Les principaux bénéficiaires de cette redistribution sont les enseignes d’animaleries et les animaleries en ligne : 32 % des propriétaires de chiens et 24 % des propriétaires de chats fréquentent désormais une animalerie pour leurs achats de petfood.

Ces enseignes bénéficient pleinement de la montée en gamme des comportements d’achat. Leur capacité à proposer un large choix de références, des produits techniques et des conseils personnalisés répond aux attentes de propriétaires toujours plus exigeants.

Par ailleurs, la quasi-totalité des sites spécialisés proposent de souscrire à une formule d’abonnement sans engagement. Les achats d’aliments pour animaux de compagnie sont par nature très récurrents et évoluent peu dans le temps. Les formules d’abonnement répondent donc parfaitement à la quête de praticité des consommateurs et séduisent encore davantage s’ils permettent d’obtenir des remises.

La France compte plus de 6 000 établissements vétérinaires, dont environ 20 % appartiennent à un réseau intégré. Xerfi anticipe une progression moyenne de la consommation en services vétérinaires d’environ 4 % par an à l’horizon 2030. Cette croissance sera portée par plusieurs tendances structurelles qui devraient continuer à soutenir la fréquentation des cabinets et le montant moyen des dépenses par animal. L’espérance de vie des animaux tend à augmenter, ce qui se traduit par un nombre plus important d’animaux âgés, davantage exposés aux maladies chroniques ou aux troubles articulaires.

Par ailleurs, l’anthropomorphisation des animaux favorisera un recours plus fréquent aux soins vétérinaire, les propriétaires adoptant une approche plus préventive de la santé animale, avec des bilans réguliers, un suivi vaccinal rigoureux et une prise en charge plus rapide des problèmes de santé. Enfin, l’augmentation des capacités de prise en charge favorisera le développement de l’activité. Le nombre de vétérinaires continue en effet de progresser sous l’effet de l’augmentation des capacités de formation et du recrutement de praticiens étrangers, tandis que les groupes vétérinaires modernisent leurs établissements afin d’accueillir davantage d’animaux et de proposer une offre de soins plus complète.

Zooplus, l’animalerie en ligne allemande, s’est imposée comme la référence de la vente en ligne d’articles pour animaux de compagnie. En France, son chiffre d’affaires était estimé à 630 M€ en 2023, ce qui en fait le premier distributeur spécialisé sur le marché. Son succès repose sur une offre très large, des prix compétitifs et une puissance logistique difficile à reproduire pour les nouveaux entrants. Malgré l’essor de nombreux concurrents ces dernières années, Zooplus demeure le site spécialisé le plus fréquenté par les acheteurs français d’articles pour animaux de compagnie.

Quant au groupe Fressnapf, propriétaire de la marque Maxi Zoo, il a triplé la taille de son parc de points de vente en France en moins de 10 ans et compte atteindre 700 magasins d’ici 2029, contre 461 actuellement. Cette très forte expansion lui permet de creuser l’écart avec ses principaux concurrents, tels que JMT (127 magasins), Animalis (100) ou Terranima (82). Avec en moyenne une soixantaine d’ouvertures par an, Maxi Zoo a ouvert à elle seule plus de la moitié des nouvelles animaleries qui ont vu le jour en France en 2025.

Pour mémoire, l’Allemagne est aujourd’hui le premier exportateur mondial de petfood (plus de 3 milliards d’euros en 2025), devant la Thaïlande, la Pologne, les États-Unis et la France.

 Xerfi est le leader français de l’analyse économique, sectorielle et stratégique. L’entreprise s’appuie sur des équipes d’experts de premier plan et des outils avancés de traitement, d’analyse de données et d’intelligence artificielle pour produire, sous des formats différents, des études, analyses, insights. Xerfi s’appuie sur un professionnalisme reconnu en matière de qualité et de précision de ses données, de rigueur de ses prévisions et analyses, d’excellence de ses études et de ses synthèses et de pertinence de ses préconisations. Xerfi entend ainsi réduire l’incertitude dans la prise de décision stratégique des entreprises et transformer la décision en résultats.


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