EnvironnementActualités14 juillet – Journée mondiale des requins. Des espèces essentielles, mais toujours plus menacées

Fondation de la Mer12 juillet 20267 min

Face à la menace d’extinction de plus d’un tiers des espèces de requins, la Fondation de la Mer rappelle leur rôle essentiel à l’équilibre des écosystèmes marins et se mobilise pour les protéger.

À l’occasion de la Journée mondiale des requins, la Fondation de la Mer rappelle l’urgence de protéger ces espèces emblématiques, menacées par le changement climatique, la surpêche et le trafic d’ailerons.

Avec plus de 500 espèces réparties dans les écosystèmes marins, estuariens et d’eau douce, les requins jouent un rôle écologique majeur mais leurs populations s’effondrent à un rythme alarmant. Malgré cela, les récits diffusés au cinéma ou dans les publicités continuent de propager des idées reçues sur cette espèce.

Face à ce constat, la Fondation de la Mer soutient plusieurs projets de terrain, du golfe de Guinée à la Polynésie française, pour mieux connaître, protéger et favoriser le rétablissement de ces populations.  

Prédateurs au sommet de la chaîne alimentaire, les requins contribuent à la structure, au fonctionnement et à la résilience des écosystèmes. Ils participent à la régulation des populations d’autres espèces marines, peuvent prédater les individus malades ou blessés, à l’instar des grands prédateurs terrestres, et enrichissent le milieu en transportant des nutriments entre habitats via leurs déplacements et leurs excréments, pouvant ainsi stimuler la production primaire locale des écosystèmes.  

Pourtant, ces espèces figurent aujourd’hui parmi les espèces marines les plus vulnérables :

  • D’après la Liste Rouge de l’UICN, plus de 1/3 des espèces de requins sont actuellement menacées d’extinction.
  • Une baisse d’environ 71% de l’abondance mondiale des raies et requins a été constatée entre 1970 et 2018[1].
  • L’UE est l’un des principaux exportateurs d’ailerons vers l’Asie, fournissant près de 45% des produits retrouvés en 2022 sur les marchés de consommation à Hong Kong, Singapour et Taïwan, selon un rapport du Fonds international pour la protection des animaux[2].
  • 81% des exportateurs d’ailerons de requins n’ont déclaré aucune exportation entre 2015 et 2021[3], témoignant de l’ampleur de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN).

À ces pressions directes s’ajoutent les effets du changement climatique : des températures en augmentation peuvent nuire au succès reproductif des requins, tandis que l’acidification de l’Océan peut réduire la capacité de certaines espèces à détecter leurs proies, les poussant à migrer vers de nouvelles zones où ils sont davantage exposés aux activités humaines.  

Pour répondre à ces enjeux, la Fondation de la Mer soutient plusieurs projets de recherche et de conservation à travers le monde, dans le cadre de son programme dédié aux requins.

Depuis 2023, la Fondation de la Mer soutient l’association Over The Swell dans le cadre de la Mission William. Son objectif est d’étudier et de protéger le requin-baleine ainsi que d’autres espèces de mégafaune marine migratoire menacées, entre le golfe de Guinée et Sainte-Hélène. Les travaux menés sur le terrain visent à confirmer l’existence d’un corridor migratoire du requin-baleine reliant ces deux zones. Une hypothèse qui, si elle se vérifie, justifierait la mise en protection de cette région stratégique. Pour cela, le projet déploie des balises de suivi afin de cartographier précisément les routes empruntées par l’animal.  

Le golfe de Guinée figure par ailleurs parmi les zones les plus touchées au monde par la pêche illégale industrielle, entraînant l’effondrement des écosystèmes marins[4] et fragilisant la sécurité alimentaire des populations côtières. Dans ce contexte, la Mission William apporte les connaissances scientifiques nécessaires à la mise en œuvre de mesures de protection, contribuant ainsi à limiter les pressions exercées par la pêche illégale et le trafic d’ailerons sur la mégafaune marine du Golfe.  

En Polynésie française, la Fondation de la Mer soutient un projet de collecte de données sur le grand requin marteau des Tuamotu, afin d’identifier les habitats clés de l’espèce et de permettre ainsi sa conservation.

« Chaque année, près de 100 millions de requins seraient tués dans le monde, principalement pour alimenter le commerce des ailerons. Ce chiffre vertigineux rappelle l’urgence d’agir. Contrairement aux idées reçues, les requins ne sont pas des menaces à éliminer, mais des sentinelles indispensables à la bonne santé de l’Océan. Les protéger, c’est préserver l’équilibre des écosystèmes marins. C’est tout le sens de l’engagement de la Fondation de la Mer : soutenir celles et ceux qui agissent sur le terrain et les accompagner dans la préservation de ces espèces aussi fascinantes qu’essentielles. » déclare Alexandre iaschine, directeur général de la Fondation de la Mer.

 

Depuis plus de 10 ans, la Fondation de la Mer mobilise donateurs particuliers, entreprises mécènes et pouvoirs publics pour accélérer la protection des écosystèmes marins. Elle identifie, soutient et accompagne ainsi des centaines d’acteurs de terrain et agit pour protéger la biodiversité marine, lutter contre les pollutions en mer, promouvoir une gestion durable des ressources. Elle encourage la recherche, développe des ressources pédagogiques en partenariat avec l’Éducation nationale. Son statut d’observateur au Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) lui permet de prendre part aux décisions majeures en faveur de l’Océan. Plus d’informations : fondationdelamer.org

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[1] Pacoureau, N., Rigby, C.L., Kyne, P.M. et al. Half a century of global decline in oceanic sharks and rays. Nature 589, 567–571 (2021). https://doi.org/10.1038/s41586-020-03173-9

[2] Slee, B., Collis, M. (2023) Shark safeguards: Elevating EU controls on shark trade. Stichting IFAW (International Fund for Animal Welfare), The Hague, The Netherlands. 52 pp. https://www.ifaw.org/resources/eu-safeguards-shark-trade?utm_medium=QR_code&utm_source=report

[3] Diego Cardeñosa et al. ,International trade regulations take a limited bite out of the shark fin trade.Sci. Adv.11,eadz2821(2025). https://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.adz2821

[4] Ife Okafor-Yarwood, Illegal, unreported and unregulated fishing, and the complexities of the governance regime in the Gulf of Guinea, (2019). https://research-repository.st-andrews.ac.uk/bitstream/handle/10023/19919/Author_s_Accepted_Manuscript_version.pdf?sequence=1


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