A Rousset, dans les Bouches-du-Rhône (13), le CNRS a engagé un projet de développement d’un élevage de macaques destinés à l’expérimentation animale. Comme on peut s’en douter, les associations de défense animale sont vent debout contre ce chantier. Mais pas seulement. S’il y a quelques années, le modèle animal était regardé comme un mal nécessaire, il est aujourd’hui dénoncé par une partie grandissante de la communauté scientifique qui voit en elle un modèle dépassé.
Une question éthique
Depuis les années 2000, la cause animale a bondi dans l’opinion. Les travaux de recherche en psychologie animale – existants depuis le milieu du XXe siècle – ont connu des avancées considérables en même temps qu’ils ont éclaté aux yeux du grand public. L’avènement d’Internet a produit une autre explosion médiatique : celle des souffrances indicibles endurées par les animaux dans les laboratoires d’expérimentation. Détresse, enfermement, contentions, manipulations parfois violentes précèdent ou sont concomitantes à des expériences qui induisent des souffrances tellement insoutenables que nombre d’humains sont incapables de les regarder en face. La question qui se pose alors est la suivante : A-t-on le droit ? S’il est incontestable que nous avons besoin de la recherche scientifique, l’autre question qui surgit est : N’y a-t-il pas d’autres méthodes possibles ?
Une question scientifique
A l’instar des données relatives à la sentience des animaux, l’émergence de nouvelles technologies révolutionne le domaine de la science. Des méthodes substitutives au modèle animal ne cessent de gagner du terrain et se montrent sans conteste plus efficaces, plus rapides et davantage transposables à l’homme que le modèle animal. En passe de devenir obsolète, ce dernier s’avère potentiellement moins fiable que les nouvelles technologies (méthodes in vitro ou in silico, notamment). En dépit de ce constat, le CNRS entend poursuivre son projet. Cet entêtement a conduit un collectif de 170 scientifiques à signer une tribune dans le journal Le Monde (18/04/2026) afin de faire entendre que « l’obstination des porteurs du projet est fort dommageable tant pour les animaux que pour la recherche française. » Le modèle animal est voué à être remplacé par des méthodes plus performantes. En s’arc-boutant sur ce modèle, le CNRS ne rend pas service à la recherche médicale française.

Une question économique
Les nouvelles technologies qui soustraient les animaux aux laboratoires inscrivent donc à leurs bénéfices une éthique solide et une fiabilité incontestable. Mais les bénéfices se mesurent également à l’aune des finances publiques. Ce ne sont pas moins de 31 M€ d’investissement initial qui sont prévus pour cet élevage. Si l’on ajoute le coût d’achat des macaques assorti des frais de fonctionnement du site, on obtient un coût de revient de 28 500 € pour chaque animal. Ce chiffre est bien supérieur aux prix pratiqués à l’international. La méthode économique appliquée à des êtres vivants peut paraitre barbare. Pourtant, elle présente ici un avantage certain : elle plaide en leur faveur. Ce sont donc des millions d’euros d’argent public qui vont être engloutis par un projet absurde à l’éthique douteuse et à l’avenir passé. A Rousset, il n’y aura que des perdants : les macaques, les humains, la science et les finances publiques. A cela s’ajoute que le CNRS s’est avéré incapable de satisfaire à une condition préalable pour l’allocation des crédits par l’Etat : il a manqué à son obligation de fournir une analyse prospective des besoins en PNH (Primates non humains).
Vous avez le pouvoir de vous opposer à ce projet
Les associations de défense des animaux se sont déjà mobilisées à plusieurs reprises, soutenues par le Parti animaliste, pour rendre ce projet au néant dont il n’aurait jamais dû sortir. Les scientifiques également. Le Collectif Vauclusien de Protection Animale avec l’appui d’autres associations a déposé une contribution sur la plateforme de la Cour des comptes. L’objectif est d’inciter cet organisme à examiner le dossier d’un point de vue budgétaire. Les avis rendus par la Cour des comptes sont le fruit d’un travail soigneux et approfondi. Il est donc fondamental qu’elle examine ce dossier. Pour que cette instance s’empare du sujet, il vous suffit de créer un compte (si vous n’en avez déjà un) sur la plateforme dédiée dont voici le lien : https://participationcitoyenne.ccomptes.fr/processes/consultation-2026/f/81/proposals/3971 et de soutenir cette contribution afin que les experts s’en saisissent. Il est inconcevable d’engager plus de 30 M€ – qui plus est d’argent public – pour un projet dont l’intérêt n’est pas démontré par une analyse prospective des besoins. Cela vous prendra quelques minutes. Quelques minutes qui pourront ôter des centaines de singes des mains d’une science cynique et irrationnelle.

Crédit photo : One Voice

Denis Schmid
Président du CVPA (collectif qui rassemble plus de 20 associations locale) Délégué du Parti animaliste pour le Vaucluse




