Sur le terrain le statut de l’animal évolue
Les textes qui régissent la vie des animaux, tant domestiques que sauvages, à visée alimentaire, esthétique (cuir, fourrure) ou de divertissement, tendent à les protéger de plus en plus. Tout d’abord, à l’échelle de la France, un arrêté du 19 juin 2025 fixant les règles sanitaires et de protection animale auxquelles doivent satisfaire les activités liées aux animaux de compagnie d’espèces domestiques Cet arrêté détermine en 6 parties ce qu’est un animal domestique, les obligations des professionnels vis-à-vis de l’animal, les conditions de vente, etc. Puis, à l’échelle de l’Europe, les lignes bougent et avancent. Enfin, à l’échelle mondiale, de plus en plus d’événements visent à promouvoir l’animal comme être vivant à respecter.
Cela reflète l’évolution des préoccupations sociétales entourant l’animal.
Toutefois, dans le même temps, l’animal-objet est de plus en plus valorisé par la profusion des images mises en ligne sur les réseaux sociaux.
En effet, les images et vidéos drôles de chats pullulent sur internet. Au premier degré, cela prête à sourire. Mais, après réflexion, cela constitue une atteinte à la dignité des chats. Et pour aller plus loin dans le « fun », de plus en plus de personnes habillent leurs chats. Certains portent des déguisements citrouille, d’autres des débardeurs de marins. Sûrement cela ne part-il pas d’une mauvaise intention cependant, cela tend à faire de l’animal un objet/jouet voire, un accessoire de mode. De nombreuses publications sur internet mettent en scène des chats et des chiens, principalement, les montrant des situations cocasses et ridicules. Ces photos ou vidéos visent à faire rire les uns et les autres, au mépris du respect de l’animal ainsi que de son confort. Evidemment, certains équipements sont nécessaires : chaussons pour les chiens qui se rendent sur les terrains difficiles (guerres, séismes, …), protections solaires dans des cas spécifiques comme l’alopécie, le rayonnement solaire fort, … Néanmoins, le recourt à l’habillement de l’animal comme on vêtirait une poupée biaise l’appréciation par l’homme de l’animal, lui ôtant par là même la reconnaissance de son caractère, d’être vivant doué d’émotions, d’un être vivant à part entière avec des besoins, des envies. Avec un regard attentif, on peut déceler sur les images la gêne ressentie par l’animal pour se mouvoir, se secouer.
L’animal, accessoire de mode ?
Chacun se souvient de Paris Hilton et de son Chihuahua. Cet été, encore, une illustration fameuse de ce phénomène a fait couler beaucoup d’encre. A l’occasion d’un gala, Kim Kardashian, toujours à l’affût de buzz, d’originalité et d’élégance à sa façon, a souhaité utiliser Choupette (minette de feu Karl Lagerfeld) comme un it-bag. Mais, Choupette ne s’étant pas montrée très coopérative, Kim n’ayant pas apprécié son comportement, l’opération marketing a été annulée.
Le journal « New-York Times » relatait dans un article effarant l’histoire de JO pour animaux durant lesquels avait lieu un concours dérangeant et bizarre. Cet événement se tient tous les ans en Thaïlande où des chats doivent se goinfrer de saumon entraînant l’hilarité générale des spectateurs humains. Alors que ces concours sont décriés pour les humains, ces mêmes humains organisent des événements basés sur le mal-être, le désordre alimentaire déjà présent chez l’animal domestiqué, tenu très éloigné de ses instincts voire, de ses besoins. L’animal domestique est devenu une sorte de jouet.
De fait, ces illustrations de l’animal comme objet loin de le valoriser l’asservissent. Il doit obéir, être prêt à toutes les cajoleries au moment jugé opportun par l’humain, manger quand l’humain ou son distributeur le sert, jouer quand cela chante à l’humain voire, accepter d’être maltraité lors de séances de jeux avec des enfants, ne pas bouger sur commande,… il y a quelques années, l’humain s’était créé l’animal de compagnie parfait : le Tamagoshi®. Peut-être les personnes inaptes à voir, entendre et aimer un animal devrait-elle se contenter de l’IA ? La solution pour une meilleure prise en considération de l’animal pourrait passer par la promulgation d’un permis de détention d’un animal domestique. Aujourd’hui, force est de constater qu’il faudrait compléter les obligations de l’homme à l’égard de son animal.
L’animal comme objet et divertissement relève de comportements anthropomorphistes. L’éthique doit évoluer pour inclure les notions fondamentales de bien-être animal visant à traiter les partenaires non-humains d’égal à égal. Cette réflexion de fonds est d’ores et déjà menée au sein des associations de protection animale. Celles-ci, en plus de leurs missions statutaires, endossent bien souvent une mission de pédagogie. vis-à-vis des populations, enfants comme adultes, professionnels comme particuliers.
Certes l’animal se voit encore appliqué les règles de la propriété pour autant nous devons garantir la prise en compte de son bien-être que l’animal nous appartienne ou pas… Seul doit compter la recherche de son bien-être. C’est ce que nous faisons toute l’année avec notre association afin de préserver l’intégrité physique et psychologique de l’animal…
Pour une approche juridique du statut de l’animal nous vous conseillons de lire les articles de Jean-Pierre Marguénaud




