Face à l’essoufflement d’un modèle agricole intensif à bout de souffle, le constat est sans appel : la transition vers une alimentation durable ne peut plus attendre. Ainsi, dans les coulisses de l’innovation, une révolution silencieuse s’opère. Entre algorithmes et protéines végétales, le premier hackathon Hack the Fork a prouvé que l’intelligence artificielle pourrait être le catalyseur de l’alimentation de demain.
Climat, animaux, santé : et si l’IA était la clé de la révolution végétale ?
L’élevage intensif est aujourd’hui au carrefour de toutes les crises. Responsable de 60% des émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole mondial[1], il est désigné par le GIEC comme un levier d’action prioritaire[2]. À l’urgence climatique s’ajoute une pression sociétale sans précédent : 82% des Français demandent désormais l’interdiction de l’élevage intensif[3], lassés par un modèle qui fragilise autant le bien-être animal que notre sécurité sanitaire.
Une question s’impose alors : comment accélérer la transition végétale ? La réponse pourrait bien se trouver dans les 36 heures d’effervescence qui ont secoué l’École 42 lors du lancement de Hack the Fork (HtF).
Briser les silos par l’innovation
Pour sortir de ce modèle, investir dans l’innovation de la foodtech végétale est indispensable. Cependant, malgré des débouchés économiques prometteurs, la filière souffre encore d’un cloisonnement entre chercheurs, décideurs, entreprises et jeunes talents. C’est précisément le fossé que Hack the Fork cherche à combler.
À ce constat, HtF répond par la mise en réseau des acteurs indispensables de l’innovation alimentaire. Le hackathon sert ici d’accélérateur de transition : de l’identification des besoins aux solutions industrielles concrètes, en passant par l’élaboration d’idées innovantes. L’intelligence artificielle, elle, est mobilisée comme moteur pour optimiser, prédire et modéliser un système alimentaire plus végétal et durable.
« Végétaliser l’alimentation à grande échelle, c’est à la fois réduire notre empreinte sur les écosystèmes, diminuer notre dépendance à l’élevage intensif et agir pour la sécurité alimentaire. Il aura suffi d’un week-end et d’une centaine de jeunes talents pour commencer à en poser les fondations. » comme l’affirme Alice Pjie, Co-fondatrice de Hack the Fork
Le Hackathon : 21 projets, 3 en incubation
Portés par l’énergie des étudiants venus notamment de l’École 42, Centrale, AgroParisTech et Polytechnique, 21 projets ont vu le jour lors de ce week-end. Trois d’entre eux ont particulièrement convaincu le jury et entament désormais leur phase d’incubation :
- Ardoise : Un outil intelligent pour la restauration collective, notamment les cantines scolaires. Il automatise la création de menus végétariens équilibrés tout en mesurant en temps réel l’impact économique et écologique.
- ReaKt : Ce projet s’attaque à la fermentation de précision. Grâce à un “jumeau numérique” prédictif, il permet d’augmenter drastiquement les rendements de production de protéines alternatives.
- The Fair Table : La solution pour une restauration événementielle vertueuse, capable d’adapter ses menus à la volée tout en calculant leur empreinte éthique.
Faire de la foodtech végétale un incontournable de l’innovation
Cette première édition n’est que le point de départ. Au-delà des projets, le hackathon a prouvé son impact sur les esprits : 87 % des participant(e)s déclarent avoir acquis de nouvelles connaissances, et la perception de l’alimentation végétale comme réponse crédible aux défis environnementaux a significativement progressé au fil du week-end.
Pour les projets les plus prometteurs, Hack the Fork assure un accompagnement stratégique vers le marché, soutenu par un partenariat avec la CCI Paris et son club AgroAlia. Et l’aventure ne s’arrête pas à Paris : de prochaines éditions du hackathon sont déjà en réflexion en France et à l’international.
[1] INRAE (2024), Bilan carbone de l’élevage : quels enjeux ?
[2] IPCC (2019) Special Report on Climate Change and Land
[3] IFOP (2026) Les Français et le bien-être des animaux




