ActualitésAnimaux domestiquesElevages : mobilisation des citoyens européens pour la fin des cages et l’interdiction du broyage des poussins mâles

Christophe Marie4 mars 202624 min

La Commission européenne vient de publier les résultats de la consultation publique sur la modernisation de la législation européenne relative au bien-être des animaux d’élevage.

Cette consultation (19 septembre au 17 décembre 2025) s’inscrit dans le dialogue engagé par la Commission européenne avec les agriculteurs et la société civile afin de présenter des propositions relatives à la révision de la législation européenne en vigueur sur le bien-être animal, notamment sur la suppression progressive des cages pour certaines catégories d’animaux, comme s’y est engagée la Commission dès 2021 en réponse à l’Initiative Citoyenne Européenne « End the Cage Age ».

La consultation publique a recueilli 236 524 réponses, mais parmi celles-ci 46 461 messages ont été identifiés comme provenant d’une campagne de sensibilisation, ils ont été comptabilisés comme une seule et même réponse… D’où l’importance de personnaliser le message et ne pas faire de copier-coller lorsqu’on participe à une consultation publique !

Pour 89 % des participants, la législation européenne régissant le bien-être animal dans les élevages ne garantit pas aux animaux la possibilité d’exprimer un comportement naturel.

L’abandon progressif des cages pour les poules pondeuses est jugé très important ou important par 99 % des citoyens, pour les porcs l’abandon progressif des cages est également jugé très important ou important par 99 % des citoyens, idem pour les veaux, les poulettes, les reproducteurs de poulets de chair et de poules pondeuses, les lapins, les canards et les oies.

Les principaux obstacles identifiés à l’abandon des cages sont les coûts d’investissement élevés, le manque de volonté des consommateurs à payer le juste prix, les limitations d’espace et d’infrastructure, le manque de connaissances techniques et de soutien pour des méthodes de production alternatives.

Concernant les élevages intensifs, la consultation alerte sur le manque d’éthique et d’empathie, mais aussi sur les risques liés à la santé animale et à la biosécurité.

La nécessité de normes équivalentes en matière de bien-être animal pour les denrées alimentaires importées de pays hors UE est largement reconnue : 96 % des répondants y sont tout à fait favorables.

Environ 90 % des entreprises et associations estiment que toutes les exigences de l’UE en matière de bien-être animal devraient s’appliquer aux importations de viande de volaille, de porc, de veau, de bœuf, de lapin et de produits carnés, d’œufs et de produits à base d’œufs.

Les principales mesures de soutien susceptibles de faciliter la transition vers un système d’élevage sans cage sont les financements publics européens, notamment via la Politique Agricole Commune (PAC post-2027) et les financements publics nationaux.

Pour les produits importés et afin de faciliter la transition vers des normes équivalentes en matière de bien-être animal dans les pays tiers, 84 % des répondants insistent sur la nécessité de formations et d’un soutien technique de l’UE.

Près de 98 % des répondants estiment que l’abattage systématique des poussins mâles dans la filière des poules pondeuses pose un problème éthique. Concernant le recours à des alternatives à l’abattage systématique des poussins, 88 % des répondants estiment ce point très urgent. Parmi les ONG, 91 % considèrent qu’il s’agit d’une question urgente ou très urgente.

La technique d’ovosexage développée pour la filière poules pondeuses doit s’adapter aux autres filières, se généraliser afin d’interdire le broyage ou autre procédé de mise à mort des poussins, mais aussi des canetons pour la filière « gras ».

Après avoir pris des engagements pour la fin des cages dans toutes les filières d’élevage, et alors que l’intensification des élevages entraîne une détérioration de la condition animale et une souffrance paysanne, la Commission européenne semble botter en touche.

La politique à marche forcée de la présidente de la Commission européenne pour imposer l’accord UE/Mercosur a deux effets négatifs immédiats : d’une part elle freine l’Union européenne à renforcer ses réglementations « bien-être animal » et, d’autre part, encourage les Etats membres à reculer sur leurs propres législations environnementales et de protection animale. En France, le vote de la loi Duplomb et l’annonce d’une simplification réglementaire et administrative par la ministre Annie Genevard lors du Salon International de l’Agriculture en sont l’illustration.

Pourtant, à la forte mobilisation citoyenne il est temps et même urgent d’apporter une réponse politique. En France, l’élection présidentielle 2027 offre la possibilité d’agir auprès des candidats et de placer la condition animale au cœur du débat, ne laissons pas passer cette opportunité !

Crédit photo : L214


Christophe Marie
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Directeur Affaires nationales et européennes à la Fondation 30 Millions d'Amis, auteur "Animaliste" ; "Lutter contre la souffrance animale - Pour une Europe des animaux"

2 commentaires

  • Labouré Marine

    4 mars 2026 à 18h33

    Stop à la barbarie indigne !

    Répondre

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