À Tchernobyl, ils étaient plusieurs milliers lors de l’évacuation de 1986. Les chiens laissés dans la zone d’exclusion sont estimés entre 1 500 et 3 000.
Près de quarante ans plus tard, ils ne sont plus qu’environ 800 à 900 à survivre dans les ruines silencieuses de la zone d’exclusion de Tchernobyl, au milieu des forêts contaminées et des postes de garde désertés.
Depuis 2017, une équipe vétérinaire internationale menée par le Clean Futures Fund se rend régulièrement sur place pour vacciner, soigner et stériliser ces chiens, derniers descendants des animaux abandonnés lors de l’évacuation.
Nous avons rencontré la Dr Jennifer Betz, directrice médicale du programme Dogs of Chernobyl, qui raconte la réalité de ces animaux nés dans un monde figé, et les défis d’un travail rendu encore plus difficile par la guerre.
1. Origine du programme Clean Futures Fund
Quand la Dr Betz raconte l’origine du programme Dogs of Chernobyl, elle rappelle d’abord un fait méconnu : après la catastrophe de 1986, les autorités ont tenté d’éliminer les chiens abandonnés dans la Zone.
« Ils étaient des milliers. Et même des années plus tard, on parlait encore de s’en débarrasser », explique-t-elle.
Mais les travailleurs, très attachés aux animaux qu’ils nourrissaient chaque jour, ont refusé.
Face à cette situation, le Clean Futures Fund décide d’agir. L’organisation veut offrir une réponse éthique (soigner, vacciner, stériliser) tout en permettant aux chercheurs de mieux comprendre l’impact de la radiation et de l’isolement génétique sur cette population unique.
En 2017, le programme Dogs of Chernobyl est officiellement créé :
un projet à la fois humanitaire, vétérinaire et scientifique, où des humains vivent et travaillent aux côtés de ces chiens qu’ils protègent.
2. L’arrivée de la Dr Betz
La Dr Jennifer Betz est une vétérinaire de formation spécialisée dans la prise en charge des populations animales vulnérables et non suivies, notamment les chiens errants. Son parcours est marqué par un important travail de terrain autour de la stérilisation, de la vaccination et de la gestion sanitaire à grande échelle, souvent dans des contextes complexes. Cette expertise, alliée à une forte exigence éthique, l’a conduite à rejoindre Clean Futures Fund.
Lorsque les équipes de l’organisation la contactent, Jennifer Betz n’a pourtant aucune connaissance de l’existence des chiens de Tchernobyl.
« Ils sont venus me contacter… je ne connaissais rien de tout ça », confie-t-elle.
Elle découvre alors une réalité saisissante : des centaines de chiens survivants, livrés à eux-mêmes depuis 1986, vivant au cœur de la Zone, exposés aux radiations, sans soins ni suivi sanitaire. Face à l’ampleur de la situation, elle comprend rapidement les enjeux médicaux, éthiques et humains qui s’y jouent. Elle rejoint le programme et en devient aujourd’hui la directrice médicale vétérinaire.
En parallèle, la Dr Betz siège au conseil d’administration du Clean Futures Fund, qui apporte une aide aux populations humaines et animales touchées par des catastrophes industrielles, dont celle de Tchernobyl. Elle dirige également Visiting Veterinarians International, une association avec laquelle elle parcourt le monde pour offrir des soins et des campagnes de stérilisation aux animaux n’ayant accès à aucune aide vétérinaire.
Deux missions différentes, mais un même fil rouge : soigner là où personne d’autre ne peut le faire.

3. Une zone immense, des chiens dispersés
« Tchernobyl est une énorme zone… » commence la Dr Betz.
Et le mot n’est pas exagéré : la zone d’exclusion s’étend sur 30 km de rayon, entre forêts, installations industrielles, villages fantômes et postes de surveillance.
Une géographie éclatée qui façonne directement la vie, et la survie, des chiens.
La vétérinaire explique que leurs interventions se concentrent surtout sur deux secteurs :
- Le site de la centrale nucléaire, où “99 % des chiens ont été stérilisés”.
- La ville de Tchernobyl, dont “92 à 95 % de la population canine est stérilisées”.
Cette partie sud-est de la Zone est la plus active : travailleurs, techniciens et quelques unités militaires y circulent, et certains chiens s’y rassemblent, attirés par la nourriture.
Mais des chiens vivent aussi ailleurs
La Zone est parsemée de postes militaires, checkpoints, zones forestières profondes, parfois éloignées de plusieurs dizaines de kilomètres.
On y trouve de petits groupes d’une trentaine de chiens, isolés, difficiles d’accès. Les équipes tentent de s’y rendre “une fois par an si possible”, mais les distances, la contamination et les restrictions de déplacement compliquent tout.
La célèbre ville abandonnée n’abrite plus aucun chien aujourd’hui. La Dr Betz l’explique clairement :
lorsque le checkpoint adjacent a été supprimé, plus aucun animal n’y a trouvé de raison de rester.
La ville silencieuse n’est plus qu’un passage, jamais un territoire.
Cette dispersion crée un défi logistique immense :
les équipes doivent planifier leurs trajets, obtenir des autorisations spécifiques pour chaque secteur, surveiller les niveaux de radiation, et parfois changer d’itinéraire à la dernière minute.
Une multitude de chiens vivent donc dans une multitude d’écosystèmes, chacun exigeant une approche différente.
4. Radiations et chiens craintifs : un travail millimétré
Intervenir à Tchernobyl demande une précision extrême. Avant même d’entrer dans la Zone, les bénévoles passent par un scanner corporel complet, reçoivent deux dosimètres et enfilent plusieurs couches de protection.
La Radiation Safety Team contrôle chaque déplacement : “La radiation est cumulative.”
La difficulté n’est pas seulement la radioactivité, mais la peur extrême des chiens. Ils ne font confiance qu’aux travailleurs locaux ; face à l’équipe vétérinaire, ils fuient immédiatement.
« Sans les travailleurs, certains nous mordraient ou courraient dans des zones très irradiées. »
La stérilisation commence donc par la capture à la sarbacane anesthésiante.
Le produit agit en 3 à 5 minutes, laissant au chien le temps de disparaître sous un bâtiment, dans la forêt ou derrière des zones interdites.
Il faut une équipe entière pour le suivre, sans jamais franchir les périmètres contaminés comme la Forêt Rouge.
Résultat : des heures de travail pour capturer quelques chiens seulement.
Une fois attrapé, chaque chien est scanné.
Si une zone du pelage est “chaude”, elle est lavée ou rasée.
« La plupart du temps, ce n’est que de la poussière radioactive. Une fois lavée, le taux tombe à zéro. »
Ce n’est qu’après cette étape que l’équipe peut manipuler l’animal et procéder à la stérilisation.
Entre peur des chiens, secteurs interdits, météo rude, absence de tourisme et bruit des drones militaires, chaque capture devient une opération délicate, où le moindre faux-pas peut mettre l’équipe en danger.
5. Le quotidien des bénévoles : un marathon épuisant
À Tchernobyl, chaque journée de bénévoles ressemble à une mission commando. L’équipe se lève à l’aube dans l’un des rares hébergements encore fonctionnels : une petite auberge pour certains, et une maison aménagée en micro-hôpital vétérinaire, appelé « le laboratoire », pour d’autres. C’est là que les chiens sont opérés, soignés et gardés en observation.
Dès le matin, les volontaires rejoignent des travailleurs de la Zone, les seules personnes que les chiens acceptent d’approcher. Sans eux, impossible de capturer les animaux.
« Ils connaissent chaque chien par cœur : lesquels sont stérilisés, lesquels sont malades, leurs âges, leurs habitudes… nous, nous venons seulement quelques fois par an. Une a deux semaines maximum. »
Les équipes se rendent dans les secteurs où des chiens non stérilisés ont été repérés. Les travailleurs aident à les faire entrer dans un enclos ou à les approcher : autrement, la plupart s’enfuiraient ou courraient vers des zones hautement irradiées.
Une fois capturé, le chien est transporté au poste vétérinaire improvisé. Là, il reçoit :
- examen et mesure de radiation ;
- lavage ou tonte si une zone du pelage retient des particules radioactives ;
- stérilisation ;
- vaccins (rage, parvo, distemper, parainfluenza) ;
- traitement antiparasitaire ;
- temps de réveil et de récupération sous surveillance.
Lorsque l’animal est suffisamment éveillé, il est ramené exactement là où il a été trouvé,
indispensable pour qu’il retrouve sa meute et ne perde pas ses repères.
Auparavant, l’équipe utilisait des tags d’oreille, comme dans certains programmes de stérilisation.
Mais les chiens, une fois relâchés, se grattaient parfois jusqu’au sang, provoquant infections ou douleurs, et il était presque impossible de les recapturer pour corriger le problème.
La Dr Betz a donc pris une décision radicale : arrêter totalement les tags.
À la place, les bénévoles utilisent un simple marquage temporaire sur le front, avec une peinture visible :
« On utilise du rouge ou du violet : sur un chien noir, du bleu ne se verrait pas. Le marquage tient quatre à cinq jours, juste le temps pour nous d’éviter de capturer le même chien deux fois. »
Le code couleur n’a aucune signification médicale : il sert uniquement à identifier les chiens déjà traités durant cette semaine-là.
Chaque journée se termine toujours de la même façon :
- les bénévoles rentrent à la maison-laboratoire ou à l’auberge,
- mangent un repas sommaire,
- s’effondrent dans leur lit,
- avant de repartir à l’aube pour recommencer.
« C’est une activité qui prend toute la journée. Nous sommes épuisés. On dîne, on dort, et le lendemain on recommence. »
Un quotidien rude, exigeant, mais indispensable pour maintenir la population canine en bonne santé dans un environnement où aucun chien ne devrait, théoriquement, survivre.
6. Comportements et santé : des chiens marqués par l’isolement
Les chiens de Tchernobyl n’ont rien de “sauvages” au sens classique : ce sont des animaux issus de lignées domestiques, mais réadaptés par nécessité à un environnement extrême.
Aujourd’hui, ils vivent en petits groupes très soudés, de véritables packs, chacun occupant une zone précise de la centrale, des checkpoints ou de la ville de Tchernobyl.
« La population a diminué. Les chiens restent surtout dans leurs propres groupes et interagissent très peu avec les gens », explique la Dr Betz. Contrairement à ce que beaucoup imaginent, les chiens ne se ruent pas vers les humains. La très grande majorité, environ 80 % selon la Dr Betz, garde ses distances. Seuls quelques individus, souvent habitués depuis toujours aux travailleurs, acceptent d’approcher.
« Quand j’arrive, ils s’éloignent », dit-elle. « Ils reconnaissent uniquement les personnes qui les nourrissent chaque jour. »

Note d’auteure
Tout indique ici que la sociabilité envers l’humain n’est plus “naturelle”, mais acquise au cas par cas. Ces chiens ne transmettent plus une familiarité spontanée envers les humains : ce sont les travailleurs qui, jour après jour, permettent à certains individus de maintenir un lien.
Dans un milieu stressant, bruyant, parfois militaire, la prudence est devenue leur stratégie de survie. L’appréciation de l’humain ne semble pas héréditaire. La recherche du contact humain pour obtenir de la nourriture montre cependant que cet apprentissage est resté.
Même les plus jeunes restent méfiants.
La Dr Betz raconte que seule une poignée de chiots accepte le contact, et uniquement s’ils s’y montrent réceptifs.
« Si un chiot a peur, je n’insiste pas. Je lis son comportement et je le laisse tranquille. »
La socialisation ne peut pas être forcée : ce serait contraire à leur bien-être et à leur rythme biologique.
L’un des sujets les plus préoccupants est la consanguinité, inévitable dans un territoire totalement clos.
« Aucun nouveau chien n’entre dans la Zone. On a des générations entières de mères, fils, frères, pères qui se reproduisent entre eux. »
Conséquences visibles :
- dysplasies de la hanche et du coude,
- arthrite précoce,
- problèmes de genoux,
- déformations liées à l’endogamie.
« C’est presque comme si chaque chien avait quelque chose », résume-t-elle.
Les plus âgés en portent les stigmates les plus marqués : leurs pattes raides, leurs démarches lourdes et leurs difficultés à se déplacer trahissent des années d’hérédité appauvrie.
Contrairement aux clichés et aux articles sensationnalistes, la radiation n’est pas, à ce stade, responsable de pathologies massives.
Quelques cas de contamination interne chez des chiots ont été observés, mais sans évolution alarmante.
D’autres présentent des cancers des os, mais il est impossible d’affirmer que la radiation en est la cause :
« On voit aussi ces cancers chez les grandes races en général. Pour l’instant, nous n’avons aucune preuve. »
Les analyses génétiques sont en cours, mais rien ne permet encore de trancher entre effet environnemental, radiation ou consanguinité.
7. Fake news
L’un des plus grands défis du programme Dogs of Chernobyl est… la désinformation. La Dr Betz le rappelle : beaucoup d’idées populaires sont fausses.
Pas de “chiens mutants résistants à la radiation”
Contrairement aux articles sensationnalistes, les chiens n’ont développé ni résistance au cancer, ni immunité à la radiation.
« Il n’y a aucune preuve de cela. C’est surtout de la déformation médiatique. »
Les variations génétiques observées sont probablement liées à l’isolement, à l’environnement et surtout à la consanguinité, pas à une mutation spectaculaire.
On ne peut pas non plus adopter ces chiens.
Et depuis 1986, la loi ukrainienne interdit la sortie des animaux de la Zone pour éviter la dispersion de particules radioactives. Le Dr Betz ajoute que cela déséquilibrerait les packs formés par différents chiens, notamment car ceux-ci ont appris à vivre dans cet environnement. Ce ne serait bénéfique ni pour le chien, ni pour l’humain.
Une seule exception a été accordée en 2018 pour sauver deux portées de chiots orphelins.
L’opération a été lourde, coûteuse et déclarée non reproductible par les autorités.
Autre nouvelle sensationnelle, certains chiens entièrement bleus ont bien été observés dans la zone d’exclusion.
Mais ce phénomène n’a aucun lien avec les marquages volontaires réalisés par la Dr Betz et son équipe.
La Dr Betz précise :
- les bénévoles appliquent uniquement un petit marquage sur le front,
- dans une couleur visible (rouge, violet)
- et qui disparaît au bout de 4–5 jours.
Rien qui puisse expliquer une coloration totale du pelage.
À ce jour, l’hypothèse la plus plausible est une contamination chimique locale, probablement un pigment industriel présent dans un bâtiment désaffecté.
Des analyses et vérifications sont encore en cours.
8. Beauty
Parmi les centaines de chiens croisés à Tchernobyl, beaucoup ont profondément marqué la Dr Betz, elle nous raconte l’histoire de l’un d’eux : une femelle noire que l’équipe appelait Beauty.
Beauty vivait autour de l’hôtel de la ville de Tchernobyl. Chaque fois que la vétérinaire arrivait sur place, la chienne la suivait jusqu’à la maison-laboratoire où l’équipe logeait. Elle entrait, dormait près du lit, attendait sur le porche lorsqu’ils s’absentaient…
Une présence fidèle, presque rituelle.
« Chaque fois que nous revenions, elle était là. Et même si nous partions, elle restait sur le porche jusqu’à notre retour. »
Mais lors de l’occupation russe, tout a basculé.
Les bâtiments ont été forcés, pillés, détruits et Beauty a disparu.
La Dr Betz l’a cherchée pendant des heures, puis des jours, au fil des missions. Elle n’est jamais réapparue.
« Je suppose qu’elle a été tuée… Je ne l’ai jamais revue. »

9. Actualité : la guerre, un défi constant
Aujourd’hui, le plus grand obstacle pour Dogs of Chernobyl n’est plus la radiation, ni la logistique, ni même la consanguinité : c’est la guerre en Ukraine.
Depuis 2022, l’accès à la zone d’exclusion est devenu extrêmement restreint.
Les autorisations sont rares, strictes, et presque personne n’a le droit d’entrer. Pourtant, les membres de l’équipe de la Dr Betz bénéficient encore d’une dérogation exceptionnelle, accordée uniquement parce qu’ils assurent la survie de centaines de chiens.
« Personne n’a le droit d’entrer là-bas. Peut-être quelques militaires, peut-être la presse… mais nous, ils nous laissent encore entrer. »
La guerre rend également impossibles :
- l’arrivée de nouveaux bénévoles,
- la formation sur place,
- la découverte du terrain par de nouveaux vétérinaires,
- et toute opération risquée impliquant des personnes non expérimentées.
L’équipe refuse d’exposer des volontaires qu’elle ne connaît pas à un environnement où les drones, les bruits d’impact et l’instabilité militaire sont quotidiens.
« Nous savons comment nos collègues réagissent là-bas. Mais nous ne pouvons pas prendre la responsabilité d’amener quelqu’un que nous ne connaissons pas dans une zone à haut risque. »
Malgré cela, le programme continue, soutenu uniquement par des dons et par la résilience des quelques personnes encore autorisées à franchir les checkpoints.
Une mission qui tient presque du miracle, dans un territoire où même la routine la plus simple, nourrir un chien, administrer un vaccin, se déroule sous le bruit lointain de la guerre.
Elle explique que beaucoup de personnes aimerait leur envoyer des choses sur place, mais ils ne peuvent pas se le permettre. Ils ont besoins de dons pour pouvoir acheter exactement ce dont les chiens ont besoins.
« Quand quelqu’un porte un t-shirt Dogs of Chernobyl, souvent ça déclenche une conversation. Et des gens qui n’en ont jamais entendu parler disent : “Qu’est-ce que c’est ?”, et alors ça les pousse à aller voir»
Conclusion
Pour la Dr Jennifer Betz, à la venir, la situation est claire : Il n’y aura plus de chiens à Tchernobyl.
Le programme Dogs of Chernobyl n’a jamais eu vocation à maintenir la population, mais à réduire la souffrance animale, prévenir les maladies, limiter les naissances, et protéger les travailleurs qui partagent ce territoire unique.
« Ce sera un jour triste quand il n’y aura plus de chiens… mais ils ne sont pas censés être dans la région. Nous sommes reconnaissants d’être autorisés à continuer notre travail jusqu’au bout. »
Tant que les autorités le permettent, l’équipe poursuivra les stérilisations, les soins, la surveillance sanitaire et le suivi scientifique d’une population canine désormais emblématique.
Un travail mené dans des conditions difficiles, en pleine zone d’exclusion et dans un contexte de guerre, mais rendu possible grâce aux dons et au soutien international.
Lorsque le dernier chien de Tchernobyl disparaîtra, il n’y aura ni annonce, ni commémoration. Simplement la fin naturelle d’une population née d’une catastrophe, et accompagnée jusqu’au bout par ceux qui auront choisi de ne pas laisser ces chiens seuls.
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Crédit photo : Dr Betz

Avana Dercle
Éducatrice Comportementaliste Canin



