Comprendre la biodiversité pour mieux la protéger
Face à l’érosion rapide et généralisée de la biodiversité, le rôle de l’écologue fauniste occupe aujourd’hui une place centrale dans les projets d’aménagement du territoire. Spécialisée en ornithologie et en chiroptérologie, j’exerce en tant qu’ingénieure écologue indépendante, à l’interface entre le terrain, l’analyse scientifique des données faunistiques et l’aide à la décision environnementale. Mon activité consiste à étudier les espèces animales et leurs habitats, à évaluer les impacts potentiels des activités humaines et à formuler des mesures d’évitement, de réduction ou de compensation, conformément à la réglementation environnementale en vigueur. Ces démarches reposent sur une connaissance fine des cycles biologiques, des exigences écologiques des espèces et du fonctionnement global des écosystèmes.
Un parcours scientifique au service du terrain
Titulaire de deux masters en gestion de l’environnement et en biologie desorganismes et écologie (Université Libre de Bruxelles), mon parcours s’appuie sur une approche scientifique rigoureuse intégrant étroitement recherche et travail de terrain, enrichie par une expérience universitaire à l’international à l’Université de Concepción (Chili). Mon mémoire de recherche, consacré à l’écologie alimentaire du Milan royal (Milvus milvus), a mis en évidence, à partir de l’analyse de 487 pelotes de réjection, des liens entre disponibilité trophique et succès reproducteur. Ces travaux ont donné lieu à une publication scientifique dans la revue Aves.
Ornithologie et chiroptérologie : deux disciplines complémentaires
L’avifaune et les chiroptères sont au cœur de mon activité professionnelle, en raison de leur forte sensibilité aux aménagements humains et des enjeux majeurs qu’ils représentent en matière de conservation. En ornithologie, je mène des inventaires visuels et acoustiques, des suivis de reproduction et de migration, ainsi que des évaluations de la fonctionnalité des habitats, selon des protocoles standardisés assurant la fiabilité et la comparabilité des données. En chiroptérologie, je me suis spécialisée en écologie acoustique, utilisant l’analyse des ultrasons pour détecter une biodiversité discrète mais essentielle, et évaluer les impacts sur les gîtes, les corridors de déplacement et les zones de chasse.
Un travail de terrain exigeant et discret
Le métier d’écologue fauniste repose sur un travail de terrain exigeant, impliquant des horaires adaptés aux rythmes biologiques des espèces étudiées et une préparation méthodique des missions. Au-delà des espèces à fort enjeu, une attention particulière est portée à la biodiversité ordinaire, dont le rôle fonctionnel est aujourd’hui reconnu comme un pilier essentiel des stratégies de conservation.
De l’observation à la décision : le rôle de l’écologue indépendante
Être écologue indépendante implique une grande polyvalence. J’assure l’ensemble des étapes d’une étude écologique : inventaires de terrain, analyse et traitement des données, cartographie sous système d’information géographique (SIG) et rédaction de diagnostics écologiques. Cette autonomie favorise des collaborations variées avec des bureaux d’études, des collectivités territoriales, des porteurs de projets ou des associations, tout en garantissant une indépendance scientifique indispensable à l’objectivité et à la fiabilité des résultats.
Concilier activités humaines et préservation du vivant
L’objectif de mon métier n’est pas d’opposer protection de la nature et développement des activités humaines, mais de contribuer à l’émergence de projets plus respectueux du vivant, fondés sur la connaissance scientifique. Dans un contexte de changements globaux, l’écologue fauniste agit comme un passeur entre la science, le terrain et la société, afin que les décisions d’aujourd’hui ne compromettent pas la biodiversité de demain.
Oiseaux : témoins vivants de nos paysages
Omniprésents et relativement faciles à observer, les oiseaux constituent d’excellents indicateurs de l’état de conservation des milieux naturels. Leur diversité spécifique et leur abondance réagissent rapidement aux modifications environnementales, qu’elles soient liées aux pratiques agricoles, à l’urbanisation ou aux changements climatiques. Les inventaires ornithologiques reposent principalement sur l’observation directe et l’écoute des chants, en particulier durant la période de reproduction. Au-delà des espèces rares ou protégées, le suivi des espèces communes s’avère indispensable pour appréhender le déclin global de la biodiversité.

Margaux Bordes
Biologiste - Ingénieure Ecologue



